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Huawei devrait-il abandonner Android ?
La société a affirmé qu'elle continuerait d'utiliser les services de Google si les Etats-Unis levaient l'interdiction, selon un rapport

Le , par Stan Adkens

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L’interdiction de Huawei d’utiliser les technologies américaines dure depuis mai dernier et des questions commencent à se poser alors que le géant chinois des technologies de l'information et de la communication se concentre sur son propre système d’exploitation mobile. Huawei devrait-il abandonner Android ou continuer à l’utiliser une fois l’interdiction levée ? Huawei affirme qu'il est toujours possible d'utiliser les services de Google après qu'on lui ait interdit de les inclure sur les appareils l'année dernière, malgré les commentaires contraires d’un cadre de Huawei.

En effet, selon un rapport du blog Android Authority qui cite le site Web allemand WinFuture, Fred Wangfei, un représentant de Huawei pour l'Autriche a déclaré, lors d’une conférence de presse à Vienne, que la société n'utilisera pas de versions sous licence d'Android avec le support des applications Google – le Play Store, Gmail, Google Maps et autres applications créées par Google – même si les États-Unis lèvent l'interdiction qui a forcé Huawei à proposer ses propres alternatives. Au lieu de cela, les ambitions de Huawei pour Android seraient concentrées sur sa propre version, Harmony OS.


Après la signature en mai par le président américain d’un décret empêchant des entreprises de télécommunications chinoises de vendre du matériel aux États-Unis et l’inscription de Huawei sur la liste noire américaine, Google a mis une pause à sa collaboration avec l’entreprise, mettant fin à l’utilisation de PlayStore, Gmail et tout autre produit Google pour les futurs smartphones Android du constructeur chinois. La déclaration de Wangfei signifierait que le problème actuel de Huawei, à savoir que ses smartphones n'ont pas accès à toutes les applications Google, se poursuivrait indéfiniment.

Cependant, une déclaration ultérieure de la société a semblé rejeter les affirmations du représentant des relations publiques de la société. Bien que Huawei n'ait pas vraiment confirmé ou nié les choses, la société a fortement laissé entendre qu'elle serait heureuse de proposer la version officielle d'Android – avec les applications Google – sur ses prochains téléphones si le gouvernement américain venait à le lui autoriser. Selon Android Authority, un porte-parole de Huawei a déclaré ce qui suit :

« Un écosystème Android ouvert est toujours notre premier choix, y compris le GMS (Google Mobile Services), – c'est ce qui nous a permis de devenir le numéro deux mondial pour les livraisons de smartphones –, mais si nous ne sommes pas en mesure de continuer à l'utiliser, nous avons la possibilité de développer le nôtre », a-t-il dit au blog. Roland Quandt et Andreas Proschofsky ont publié des tweets concernant la déclaration de Wangfei et la marche arrière de la société :


La société est toujours en mesure d'utiliser le système d'exploitation de base d’Android, mais elle ne peut tout simplement pas ajouter aucun des services de Google. Pour son Mate 30 Pro et d'autres produits à venir, Huawei a construit sa propre version d'importantes API qui font partie des services mobiles de Google que l'on trouve sur la grande majorité des téléphones Android. Mais même si Huawei peut faire et reproduire des fonctionnalités, l'interdiction rend toujours ses appareils moins attrayants pour les clients occidentaux, qui comptent sur Gmail, Google Agenda et d'autres produits de base.

Il est peut-être temps pour une société comme Huawei d’apporter une alternative viable à Android et iOS

Selon Android Authority, malgré les difficultés sans les services mobiles de Google, Huawei devrait peut-être s'en tenir à la déclaration initiale, et mettre tout en œuvre pour apporter une alternative viable à Android et iOS. En effet, selon le blog, s'il existe aujourd'hui une entreprise qui dispose des ressources financières et du talent brut nécessaires pour proposer un troisième choix viable de systèmes d'exploitation pour smartphones, c'est bien Huawei.

Le blog justifie cela, entre autres, par le fait qu’avant l'interdiction de Huawei en mai dernier, Huawei était en passe de devenir le plus grand fabricant de smartphones de la planète. Et aujourd'hui encore, l'interdiction de Huawei entravant toujours sa croissance, la société a pu dépasser officiellement Apple en 2019 pour devenir le deuxième plus grand équipementier au monde, juste derrière Samsung. Selon les rapports de Strategy Analytics, Counterpoint Research et Canalys, au cours de l'année dernière, le fabricant chinois aurait livré environ 240 millions de téléphones, contre un peu moins de 200 millions pour Apple.

Selon le blog, Huawei Mate 30 Pro qui n'est pas livré avec des applications Google – parce que lancé après l'entrée en vigueur de l'interdiction de Huawei – a été, malgré ce handicap, expédié à hauteur de 12 millions d'unités. À l'heure actuelle, l’appareil est à peine disponible en dehors de la Chine, pays d'origine de la société, mais Huawei a pu expérimenter confortablement son propre système d'exploitation sans trop se soucier de ses résultats.


Cependant, d’après le blog, ceci représente un défi important et un investissement à long terme et il y aurait inévitablement des pertes à court terme alors que la société tente de trouver ses marques et de développer Harmony OS pour avoir sa propre identité. Toutefois, cela empêcherait ce que la société a vécu en 2019 avec l’interdiction des Etats-Unis, tout en favorisant les ambitions de la société en tant que fabricant de smartphones mais aussi en tant que créateur de technologie, a estimé Android Autority.

Créer un nouveau système d'exploitation et concurrencer Android et iOS ne sera pas chose facile

Au fil des ans, de nombreux systèmes d’exploitation mobiles concurrents ont essayé de briser le duopole, sans y parvenir. Selon un rapport publié par le blog la semaine dernière, de nombreux systèmes exploitation mobiles alternatifs, y compris BlackBerry 10 et Firefox OS, ont tenté, mais n'ont finalement pas pu détrôner Android et iOS au cours des 10 dernières années. Selon le rapport, certaines de ces offres ont ouvert la voie à Android, inspirant certaines des futures fonctionnalités et le langage de conception de la plateforme, et d'autres sont venus un peu trop tard et ont trouvé le défi d'établir une plateforme mobile compétitive trop difficile.

Au-delà de ce défi, Huawei aurait de grandes difficultés à attirer une large proportion d’utilisateurs sur Harmony OS à cause de l'interdiction américaine contre la société. En effet, le gouvernement des États-Unis accuse Huawei d’espionnage, vol de propriété intellectuelle, fraude et même violation de traités internationaux. Les pays alliés ont même été sensibilisés à bannir Huawei. Cependant, le géant chinois est en train de travailler à l'assainissement de son image. Il a consacré jusqu'à présent des milliards de dollars à l'amélioration de sa cybersécurité, selon le blog, et d'autres pays alliés des Etats-Unis sont prêts à lui accorder le bénéfice du doute, y compris le Royaume-Uni qui a autorisé la société à participer à leur déploiement de la 5G, sous certaines conditions.

Selon le blog, l'industrie des smartphones a peut-être besoin d'un remaniement, et Huawei qui va devoir faire face à une situation difficile, de toute façon, devrait profiter de l’occasion pour introduire un changement dans l’industrie. Un troisième système d'exploitation majeur serait peut-être ce dont les OEM ont besoin pour introduire à nouveau sur le marché de l’innovation. Huawei pourrait-il conduire ce changement ? Qu’en pensez-vous ?

Source : Android Authority

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Est-il temps d'avoir un troisième choix de système d'exploitation dans l'industrie des smartphones ?
Les efforts actuels de Huawei pourraient conduire à ce troisième système d’exploitation mobile majeur ?
Feriez-vous confiance à un OS mobile de Huawei ?

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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 8:20
Huawei serait-il en train de prendre l'avantage sur le bras de fer l'opposant aux États-Unis ?
Les Américains ne parviennent pas à pousser la Grande-Bretagne et l'Allemagne à bannir l'entreprise

La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei, la grande enseigne chinoise des télécommunications, dans le déploiement de la prochaine génération de réseaux sans fil semble ne pas porter ses fruits ; les dirigeants des nations alliées révoquent l'argument des États-Unis selon lequel l'entreprise représente une menace à leur sécurité.

Une situation qui a conduit les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique, à affirmer détenir des preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Washington a été contraint de partager ces éléments de preuve avec le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La Grande-Bretagne a déjà qualifié de bluff les décisions de l'administration Trump, pariant que les responsables reculeraient devant leur menace de cesser de partager des informations avec tout pays utilisant des équipements Huawei dans son réseau. Elle a décidé de ne pas céder à la pression américaine.

L'Allemagne lui a emboîté le pas, malgré un flot alterné de promesses et de menaces du secrétaire d'État Mike Pompeo, du secrétaire à la Défense Mark T. Esper et d'autres responsables américains lors d'une conférence mondiale sur la sécurité à Munich le week-end dernier.

Dans des discours publics et des conversations privées, Pompeo et Esper ont continué à rappeler les dangers de laisser une entreprise chinoise dans des réseaux qui contrôlent les communications critiques, disant que cela donnerait au gouvernement chinois la capacité d'espionner (ou, en temps de conflit, de couper) ces réseaux. Les risques pour la sécurité sont si graves, ont-ils averti, que les États-Unis ne pourraient plus partager de renseignements avec aucun pays dont le réseau utilise Huawei.

« Si les pays choisissent d'emprunter la voie Huawei », a déclaré Esper aux journalistes samedi, « cela pourrait bien mettre en péril tout le partage d'informations et le partage de renseignements dont nous avons parlé, et cela pourrait saper l'alliance, ou du moins notre relation avec ce pays ».


Une méthode qui s’essouffle

Pourtant, les responsables sentent que leur rythme continu d'avertissements perd de son efficacité en Europe, de sorte que l'administration modifie son approche. Les États-Unis visent maintenant à paralyser Huawei en étouffant son accès à la technologie américaine dont ils ont besoin et en essayant de concocter une alternative américano-européenne viable pour la concurrencer.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.

Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Le combat contre Huawei n'est qu'une partie d'une plus grande bataille américano-chinoise, alors que Washington essaie de contenir l'influence et le pouvoir de Pékin et de s'assurer que la deuxième économie mondiale ne domine pas les industries avancées qui pourraient lui donner un avantage économique et militaire. Cela inclut les réseaux de télécommunications de nouvelle génération que Huawei construit, connus sous le nom de 5G. Ces réseaux ultrarapides contrôleront les communications, les infrastructures critiques et, ce qui est le plus inquiétant pour les responsables américains, les appareils « Internet des objets » qui contrôlent déjà les usines, les véhicules autonomes et les opérations quotidiennes des bases militaires.

Les États-Unis tentent également de limiter plus largement l'accès de la Chine aux technologies américaines et envisagent de restreindre les ventes de micropuces, d'intelligence artificielle, de robotique et de certains types de logiciels avancés, ainsi que d'empêcher les entreprises technologiques de s'associer (ou même de faire de la recherche) avec les entreprises chinoises.


Une action en justice

La semaine dernière, des procureurs américains ont accusé l’entreprise Huawei d’avoir volé des secrets commerciaux pour soustraire des technologies clés à d’autres entreprises et chercheurs aux États-Unis et renvoyer ces informations en Chine. Les procureurs affirment que Huawei a même mis en place un système de primes pour les employés qui pourraient voler la meilleure technologie et a aidé l’Iran à traquer des manifestants. Le nouvel acte d’accusation qui remplace celui qui a été rendu public l’année passée et déposé devant la Cour fédérale de Brooklyn, à New York.

En tout, la société Huawei est poursuivie par le gouvernement américain pour 16 chefs d’accusation. Une panoplie de techniques aurait permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts en matière de R/D et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. On peut voir dans le dossier d’accusation que le géant Huawei et certaines de ses filiales sont poursuivis pour conspiration, violation d’une loi sur le racket utilisée en général pour lutter contre le crime organisé, vol des secrets commerciaux dans six entreprises américaines, mais aussi pour fraude et blanchiment d’argent.

Le dossier d'accusation contient en outre de nouvelles allégations concernant l’implication de l’entreprise dans des pays faisant l’objet de sanctions (Iran et la Corée du Nord notamment) établies par les USA et affirme, entre autres, qu'elle a installé en Iran du matériel de surveillance qui a été utilisé pour surveiller, identifier et séquestrer des manifestants lors des manifestations antigouvernementales de 2009 à Téhéran.

Les nouvelles allégations de vol de secrets commerciaux proférées par l'Oncle Sam concernent le détournement (par des moyens physiques ou autres) de la technologie liée aux antennes cellulaires, de la technologie robotique, du code source et des manuels d’utilisation de routeurs. Huawei est aussi accusé d’avoir élaboré un programme récompensant les employés-informateurs ayant détourné et transmis le plus de données confidentielles sur ses concurrents, de recruter des employés d’autres entreprises, de faire des efforts pour obtenir la propriété intellectuelle de ces entreprises et d’utiliser des professeurs d’instituts de recherche et divers autres moyens pour s’approprier des technologies protégées par le droit d’auteur.

Les nouvelles accusations ont été ajoutées à un ensemble plus large déposé en 2019 qui accusait la société et son directeur financier, Meng Wanzhou, de fraude et d'évasion de sanctions. Dans le cadre de cette affaire, l'administration Trump a fait pression sur le Canada pour extrader Meng, qui a été arrêtée fin 2018 à Vancouver à la demande de responsables américains, afin qu'elle puisse faire face à des accusations aux États-Unis. Meng est la fille aînée du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei.

Un bouc émissaire trop « complexe » pour les États-Unis ?

Ce mois-ci, l'administration devrait essayer de resserrer encore l’étau autour d’Huawei en fermant une échappatoire qui a permis à la société de continuer à acheter des pièces et des produits à des sociétés américaines, malgré l'interdiction imposée par l'administration Trump de vendre à Huawei. Alors que le Pentagone s'est initialement opposé à cet effort, craignant que cela ne nuise aux fournisseurs de matériel de défense, il a maintenant inversé sa position sous la pression d'autres responsables administratifs.

Mais l'effort pour handicaper Huawei a été compliqué par le manque d'alternative à la société, qui propose des équipements de télécommunications à bas prix partiellement subventionnés par le gouvernement chinois. À l'heure actuelle, les seuls véritables concurrents sont Nokia et Ericsson, deux entreprises européennes qui affirment avoir déployé plus de réseaux 5G que Huawei, mais ont clairement du mal à égaler ses prix ou à suivre la recherche et le développement de l'entreprise chinoise.

Aussi, l'administration Trump s’est empressée de présenter aux pays européens et autres une autre option. En l'espace de 10 jours, le procureur général William P. Barr, le vice-président Mike Pence et d'autres responsables ont proposé différentes stratégies américaines pour construire un concurrent crédible pour Huawei. Pourtant, parfois, ils se contredisent, souvent en public.

Lors de réunions privées, Trump a exhorté les entreprises américaines à se lancer elles-mêmes dans la compétition. Mais l'administration est profondément divisée en interne sur la question de savoir si les États-Unis doivent investir dans la technologie ou quitter le marché pour la régler.

Barr s’est encore illustré dans un discours ce mois-ci où il a appelé à l'acquisition américaine de Nokia et d'Ericsson « par la propriété américaine d'une participation majoritaire, soit directement, soit par le biais d'un consortium de sociétés privées américaines et alliées ».

« Nous et nos alliés les plus proches devons certainement envisager activement cette approche », a estimé Barr.

Source : NYT

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette situation ?
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Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 12/02/2020 à 3:00
Les États-Unis assurent avoir des preuves que Huawei peut espionner les réseaux de télécommunications
Intégrant le matériel qu’il vend et avoir partagé ces preuves avec le Royaume-Uni et l'Allemagne

D’après un récent rapport du Wall Street Journal, les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique affirment désormais avoir les preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés. Washington assure également avoir communiqué ces éléments de preuve au Royaume-Uni et à l'Allemagne.

« ;Nous avons la preuve que Huawei a la capacité d’accéder secrètement à des informations sensibles et personnelles dans les systèmes qu’elle maintient et vend dans le monde entier ;», a déclaré à ce propos Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale, au WSJ.

Les fabricants d'équipements de télécommunications qui vendent des produits aux opérateurs sont tenus par la loi d'intégrer dans leur matériel des moyens permettant aux autorités d'accéder aux réseaux à des fins légales. mais ils sont également tenus de construire les équipements de telle sorte que le fabricant ne puisse pas y avoir accès sans le consentement de l'opérateur de réseau. Les responsables américains affirment que Huawei a violé ces lois, qui sont appliquées dans de nombreux pays, précise le WSJ.


Cette nouvelle intervient dans le cadre du bras de fer commercial sino-étasunien étalé sur de longs mois qui a été marqué par une profusion de sanctions à l'égard de la société technologique chinoise. Pour rappel, invoquant des préoccupations en matière de sécurité nationale l’administration US a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre la société chinoise en mai dernier en plaçant le géant chinois des télécoms sous embargo. Ces mesures incluaient l’ajout de Huawei dans une liste noire (comme la société russe de cybersécurité Kaspersky auparavant) qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette décision avait poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Par la suite, le département américain du Commerce avait fini par autoriser temporairement Huawei à continuer à faire des affaires avec ses homologues américains. La période de grâce initiale avait été fixée à 90 jours (jusqu’en février 2020). En parallèle, le département américain du Commerce délivre des licences à certaines entreprises américaines qui souhaitent continuer à faire des affaires avec la société chinoise qui représente le premier fabricant mondial d’équipements de télécommunications, le deuxième fabricant mondial de smartphones et un fournisseur important dans le marché des PC et tablettes 2-en-1. Des entreprises américaines de premier plan comme Microsoft ont déjà profité de cette mesure.


Aujourd’hui, les autorités américaines se montrent plus précises dans leurs accusations, prétendant même avoir des preuves que le fabricant chinois de matériel informatique a maintenu des backdoors (ou portes dérobées) dans certains des réseaux qu’il construit, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Toutefois, en dépit du fait que les accusations américaines visant Huawei sont plus précises que jamais et proviennent maintenant de certains des plus hauts responsables de la sécurité nationale, aucune preuve tangible (mis à part l’assurance et les gages de bonne foi, côté américain, que ces preuves existent) n’a été fournie par l’Oncle Sam.

De son côté, Huawei a réagi par l’intermédiaire de son chef de la sécurité, Andy Purdy. Ce dernier a rejeté ces accusations : « ;Nous nions vigoureusement l’allégation selon laquelle nous conservons une telle capacité. Nous nions également avoir jamais accédé de manière abusive à des informations ou à des données relatives aux clients ;». Il a poursuivi en expliquant : « ;les États-Unis sont engagés dans cette voie et je pense que c’est vraiment motivé par la situation géopolitique entre la Chine et les États-Unis. Les États-Unis ne veulent pas tenir compte des faits et des preuves, et ils vont faire tout ce qu’ils peuvent pour bloquer notre capacité à fournir des produits aux réseaux de communication du monde entier ;».

Les nouvelles déclarations américaines font suite à une décision surprise du Royaume-Uni d’autoriser Huawei à fournir des équipements non essentiels aux réseaux du pays. Les États-Unis avaient fait un lobbying important contre l’inclusion de Huawei dans la préparation de la 5G, mais n’ont finalement pas réussi à convaincre d’autres pays, notamment ses partenaires européens, d’exclure totalement le fournisseur chinois du marché du déploiement de la 5G. On ne sait pas comment les autres pays vont réagir aux allégations, mais Huawei affirme que les nouvelles revendications ne sont pas surprenantes, étant donné la dernière année de pression croissante.

Sans preuve, il est probablement plus facile de croire que l’administration américaine est simplement engagée dans une « ;campagne classique de dénigrement ;» à l’encontre d’un concurrent peu enclin à se laisser contrôler. Et puis, les États-Unis sont peut-être les seuls à soutenir de telles accusations, car ils se sont déjà eux-mêmes livrés à de telles pratiques en profitant de l’ascendant technologique de leurs sociétés dans le monde. Sinon, comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US ;? Ne serait-il pas plus simple de présenter ces fameuses preuves pour clore le sujet ;ou de laisser tout le monde s’espionner gentiment ?

Source : WSJ

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Comment expliquer l’absence de preuves et le comportement hostile des décideurs US à l'égard de Huawei ?
Ne serait-il pas plus simple de les présenter pour clore le sujet ?
Est-il préférable, selon vous, de se faire espionner par le gouvernement de son pays, plutôt que par un autre ?

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Avatar de jopopmk
Membre expert https://www.developpez.com
Le 12/02/2020 à 9:05
Ils ont des preuves mais ne veulent pas les diffuser, je vois donc deux possibilités :
- pas de preuve réelle, simple discrimination, ou
- ils peuvent utiliser ces failles pour le propre intérêt.
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Avatar de defZero
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 15/02/2020 à 22:56
Qu’en pensez-vous ?

Que Huawei est surement coupable de ce dont l’accuse les USA, mais, et c'est un gros mais, il y a deux choses que je trouve cocasse :
- D'un je ne pense pas que le gouvernement US est la moindre preuve de ce dont il accuse Huawei, sinon ils les auraient volontiers fait "fuité"
- Et de deux, le gouvernement US accuse Huawei et donc la Chine de choses dont il est lui même coupable, par le biais des boites US / Israélienne et autres rachats effectué par leurs services d' "Intelligence" depuis une 30e d’année.

Donc, en suivant le raisonnement du gouvernement US retranscrit dans les plaintes déposés et si la sécurité et véritablement leurs but, alors personnes ne devraient utiliser de technologies US et associés, non ?

Il est schizophrènes le gouvernement US ou bien ?
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Avatar de Acheumeuneu
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 19:22
Les européens ont compris que Trump est un gros bidon et que les Etats-Unis apparaissent de moins en moins comme un allié fiable en tout cas tant que Moumoutte sera au pouvoir.
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Avatar de nl.smart
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 12/02/2020 à 8:00
Bonjour,

Nombreux sont ceux qui ont des preuves que les states peuvent espionner les réseaux de télécommunications, dans le cas présent l’hôpital se moque de la charité.

https://www.developpez.net/forums/d2015906/club-professionnels-informatique/taverne-club-humour-divers/lectures/memoires-vives-permanent-record-edward-snowden/
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 29/02/2020 à 9:36
Le Sénat approuve à l'unanimité le projet de loi visant à interdire l'achat de matériel Huawei avec des fonds fédéraux,
Et crée un fonds d'un milliard $ pour aider à remplacer le matériel existant

Plusieurs fournisseurs de télécommunications en milieu rural aux Etats-Unis utilisent toujours des équipements de Huawei / ZTE sur leurs réseaux, alors que ces entreprises sont considérées comme une menace pour la sécurité nationale par les autorités américaines. Mais cette situation ne devrait plus durer. Jeudi, le Sénat américain a approuvé à l'unanimité une loi visant à créer un fonds d'un milliard de dollars qui aidera les petits fournisseurs de télécommunications à retirer et à remplacer les équipements de réseau Huawei et ZTE. Le projet de loi interdit également aux opérateurs de télécommunications d'utiliser les fonds de la Commission fédérale des communications pour acheter des équipements Huawei ou ZTE, a rapporté le site Web The Hill.

La nouvelle loi bipartite baptisée "Secure and Trusted Communications Networks Act " avait été approuvée par vote par acclamation à la Chambre en décembre. Elle ne mentionne pas le nom de Huawei ou de ZTE mais stipule que la FCC doit produire une liste des fournisseurs d'équipements « présentant des risques pour la sécurité nationale » et interdit aux fournisseurs d'accès à Internet et aux compagnies de téléphone d'utiliser les fonds de la FCC pour acheter, louer, donner en crédit-bail ou entretenir les équipements et les services de ces compagnies, d’après The Hill.


La FCC avait déjà pris des mesures contre l’une des sociétés en novembre dernier, lorsqu'elle a désigné Huawei comme une menace pour la sécurité nationale et a interdit aux groupes de télécommunications d'utiliser les fonds de la FCC pour acheter des équipements à Huawei. En décembre, Huawei s’est retourné contre la FCC et l’a poursuivie en justice pour tenter de mettre fin à l'interdiction, mais un juge du tribunal de district américain a statué en faveur de la FCC.

Le fonds d’aide pour "retirer définitivement", "remplacer" et "éliminer" les équipements Huawei ou ZTE de tous les réseaux peut être utilisé pour acheter, louer ou donner en crédit-bail des équipements et des services de remplacement. Le projet de loi tente d'empêcher l'utilisation abusive des fonds en exigeant des fournisseurs d’accès à Internet qu'ils fournissent une "comptabilité détaillée" de la manière dont ils dépensent le fonds. Les membres démocrates et républicains de la Commission du commerce de la Chambre des représentants ont salué l'action du Sénat, en déclarant :

« Dans le monde interconnecté d'aujourd'hui, l'avenir du sans-fil en Amérique dépend de la mise en place de réseaux qui soient à l'abri des interférences étrangères malveillantes », ont-ils déclaré dans une déclaration commune, jeudi. « L'existence de la technologie de Huawei dans nos réseaux représente une menace immense pour la sécurité nationale et économique de l'Amérique ». « Nous remercions nos collègues du Sénat d'avoir fait passer cette importante mesure bipartite à la ligne d'arrivée et nous attendons avec impatience que le président la signe pour en faire une loi », ont ajouté les responsables de la Chambre.

Le président de la commission du commerce du Sénat, Roger Wicker, dont le panel a compétence sur le projet de loi, a salué également son adoption : « Les équipements de télécommunications de certains adversaires étrangers constituent une menace importante pour notre sécurité nationale, notre prospérité économique et l'avenir du leadership américain en matière de technologie sans fil avancée », a déclaré M. Wicker dans un communiqué. « En établissant un programme "rip and replace", cette loi fournira des garanties significatives pour nos réseaux de communication et des connexions plus sûres pour les Américains », a-t-il ajouté.

Roger Wicker, président de la Commission du commerce du Sénat


La nouvelle législation, si elle est promulguée par le président Trump, aura un effet majeur sur les fournisseurs de télécommunications en milieu rural. La Rural Wireless Association, un groupe commercial qui représente les petits fournisseurs d'accès Internet, a estimé dans une déclaration de 2018 à la FCC qu'environ 25 % de ses entreprises membres utilisent des équipements provenant soit de Huawei, soit du groupe chinois ZTE, a rapporté The Hill.

La nouvelle législation est considérablement sous-financée et pourrait mettre en danger certains des fournisseurs de télécommunications en milieu rural

Le projet de loi demande à la FCC de créer un fonds de remboursement d'un milliard de dollars pour les fournisseurs d’accès qui ont 2 millions de clients ou moins. La Rural Wireless Association a déclaré jeudi que « L'adoption de cette législation arrive à un moment critique ». Avant d’ajouter que « Sans ce financement crucial, les opérateurs ruraux manqueraient de moyens financiers pour effectuer un remplacement rapide des équipements interdits ».

Dans une déclaration adressée à The Hill jeudi, un porte-parole de Huawei a fait part de ses préoccupations concernant l'impact de la législation sur les fournisseurs de télécommunications qui utilisent les équipements de la société :

« Malheureusement, la législation qui vient d'être adoptée est considérablement sous-financée, prendrait plus de temps que prévu et pourrait mettre en danger certain de nos clients, qui desservent les zones les plus mal desservies », a déclaré le porte-parole. « Cette législation ne fera que réduire la capacité des fournisseurs de haut débit à fournir les équipements de réseau les plus sûrs et, par conséquent, portera préjudice aux consommateurs et aux entreprises locales ». Le porte-parole a ajouté que « bien que l'intention de ce projet de loi soit de fournir un réseau robuste et sécurisé pour tous les Américains, si elle est mise en œuvre, la législation adoptée aujourd'hui sera terriblement insuffisante ».

Pour aider les FAI à trouver des technologies de remplacement, le projet de loi charge la FCC de « dresser une liste de suggestions de remplacement des équipements de communication physiques et virtuels, des applications et des logiciels de gestion ». La liste doit être « neutre sur le plan technologique ». La FCC également a ouvert un portail en ligne pour les FAI qui reçoivent des fonds du FCC afin qu'ils soumettent des informations sur leur utilisation des équipements et services Huawei et ZTE. La collecte de données vise à déterminer la quantité d'équipements Huawei et ZTE dans les réseaux financés par la FCC et les coûts associés au retrait et au remplacement de ces équipements.


Le projet de loi prévoit également que la Commission fédérale tienne « informer immédiatement » le Congrès, si elle détermine qu'un milliard de dollars ne seront pas suffisants « pour financer entièrement toutes les demandes de remboursement approuvées ». Le Congrès envisagera probablement d'augmenter le fonds.

Le président de la Commission Ajit Pai a justifié l'interdiction de Huawei et ZTE en disant qu'ils « ont des liens étroits avec le gouvernement communiste et l'appareil militaire chinois ». Les deux sociétés seraient soumises aux lois chinoises qui les obligent largement à coopérer avec toute demande des services de renseignement du pays et à garder ces demandes secrètes. Des représentants du gouvernement américain ont récemment déclaré qu'ils avaient « la preuve que Huawei a la capacité d'accéder secrètement à des informations sensibles et personnelles dans les systèmes qu'elle maintient et vend dans le monde entier ». Mais Huawei a plusieurs fois déclaré ne pas être lié au gouvernement chinois et qu'il « n'a jamais et n'aura jamais accès secrètement aux réseaux de télécommunications, et que nous n'avons pas la capacité de le faire ».

L'année dernière, le ministère du Commerce a ajouté Huawei à sa liste de groupes avec lesquels il est interdit aux entreprises américaines de faire des affaires, bien que des permissions limitées pour faire affaire avec les entreprises américaines lui ont été accordées. L'administration Trump a également fait de l'éloignement de Huawei une priorité essentielle, en faisant pression sur les entreprises alliées pour qu'elles s’éloignent du matériel du géant chinois des télécommunications.

Toutefois, le Royaume-Uni a pris la décision au début de l'année d'autoriser l'utilisation des équipements de Huawei dans les réseaux 5G périphériques, mais pas dans les réseaux plus sécurisés. Une décision qui pourrait mettre en mal le partage des renseignements entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

Huawei a annoncé jeudi, à l’occasion d’une conférence de presse, un investissement de 200 millions d’euros pour la construction d’une usine de production d’équipements réseau 4G et 5G en France, la plus grande usine du constructeur hors de la Chine. Qu’arrivera-t-il aux relations entre Washington et Paris, si le géant chinois installe une usine en France, alors que la taxe GAFA française a déjà occasionné l’imposition des taxes punitives par l’administration Trump sur des produits français ?

Source : The Hill

Et vous ?

Que pensez-vous de la nouvelle loi ?
Selon vous, quelles seront les conséquences immédiates et futures de cette loi ?
Pensez-vous, comme Huawei, que le budget de 1 milliard de dollars n’est pas suffisant ?

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Avatar de Victor Alisson
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 03/03/2020 à 10:10
Des documents montreraient que Huawei envoyait du matériel informatique américain vers l’Iran
pourtant interdits du fait de l’embargo commercial imposé par les États-Unis à l’Iran

Reuters annonce avoir mis la main sur des documents internes de Huawei montrant l’implication directe de la firme chinoise dans l’envoi d’équipements informatiques américains, pourtant interdits du fait de l’embargo commercial imposé par les États-Unis, à Mobile Telecommunication Co of Iran, un grand opérateur iranien de téléphonie mobile connu sous le nom de sa filiale MCI (une société contrôlée par des corps d’élite des gardiens de la révolution islamique). Il s’agirait notamment de documents qui datent de décembre 2010, indiquant deux listes de colis expédiés par Huawei contenant du matériel informatique produit par Hewlett-Packard Co à destination de l’Iran. Un autre document, qui daterait cette fois de février 2011, semble attester l’expédition évoquée précédemment en ces termes : « actuellement, l’équipement est délivré à Téhéran, et attend le dédouanement ».

Le géant chinois de l’équipement informatique a toujours nié toutes les accusations à son encontre concernant des violations faites aux sanctions commerciales imposées par Washington à la république islamique. Il y a lieu ainsi de rappeler l’inculpation portée contre Huawei de fournir des serveurs informatiques et d’autres équipements de ce genre de la marque HP, ainsi que des logiciels fabriqués par des firmes américaines, telles que Symantec Corp, Microsoft Corp et Novell Inc, à un opérateur de télécommunication iranien.

En décembre 2018, la fille du fondateur de Huawei et directrice financière de Huawei Technologies, Meng Wanzhou, a fini par comparaitre devant la justice canadienne, et pointée du doigt comme étant la dirigeante de Skycom Tech Co Ltd au début des années 2010. Ce dernier, considéré comme une filiale de Huawei, est désormais accusé de violer explicitement les sanctions commerciales contre l’Iran. D’autres affirmations indiquaient même Skycom comme « Huawei Iran ». Mais, les dirigeants de Huawei ont toujours nié ces accusations.


Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille du fondateur de la firme chinoise, lors de la comparution devant la justice canadienne

Les documents qui seraient interceptés récemment évoquent l’implication de Huawei dans un projet de télécommunication avec l’Iran qui coûterait des millions de dollars. De même, ces documents citent le nom d’une autre société chinoise (contrôlée par une société d’État chinoise), Panda International Information Technology Co : celle-ci s’engagerait dans une relation commerciale étroite avec Huawei et s’appliquerait à réceptionner le matériel informatique et les logiciels destinés au projet iranien mentionné précédemment.

Huawei refuse actuellement d’émettre des commentaires sur cette affaire, « en raison des procédures judiciaires en cours », selon le porte-parole de la firme. Toutefois, cette dernière a affirmé ainsi : « Huawei s’engage à respecter toutes les lois et réglementations applicables dans les pays et régions où nous opérons, y compris toutes les lois et réglementations relatives au contrôle et à la sanction des exportations des Nations Unies, des États-Unis et de l’UE ».

Tout cela émerge dans le cadre de la bataille commerciale engagée entre la Chine et les États-Unis, et plus particulièrement dans le cadre des tentatives du gouvernement américain de contrôler et limiter l’ampleur de la puissance de Huawei. Il ne faut pas oublier que Washington s’efforce également de convaincre ses alliés européens d’éviter la coopération avec Huawei dans l’équipement des systèmes de télécommunications mobiles de nouvelle génération. La bataille semble alors se renforcer sur le plan juridique, et les autorités américaines ne tarderont probablement pas à creuser ces nouvelles pistes mises en avant à travers ces documents qui seraient interceptés récemment.

Source : Reuters, United States Department of State


Et vous ?

Selon vous, quels pourraient être les impacts de cette affaire, concernant le déploiement de la 5G en Europe, par exemple ?

Comment réagiront les pays de l’UE si les accusations portées contre Huawei sont justifiées ?

Voir aussi :

De nouveaux documents lieraient Huawei à des sociétés écran présumées en Iran et en Syrie

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Avatar de abgech
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 14/02/2020 à 9:21
"Pendant plus de cinquante ans, des gouvernements à travers le monde faisaient confiance à une seule compagnie pour tenir au secret les messages de leurs agents, militaires et diplomates. Mais aucun d'eux ne savait que la société basée en Suisse Crypto AG était en réalité une propriété secrète de la CIA en partenariat secret avec les renseignements allemands (BND). Les renseignements de ces deux pays, en ayant accès aux machines de cryptage de la société, pouvaient facilement pirater les codes utilisés par les pays pour l'envoi de messages cryptés", écrit le Washington Post.

Parmi ses clients – le Pakistan et l'Inde rivaux, des juntes militaires latino-américaines, l'Argentine, l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Autriche, la Turquie, la Libye, la Grèce, le Qatar, le Japon, la Corée du Sud et même le Vatican. Et, de facto, ils ont tous payé de l'argent pour que leurs informations secrètes se retrouvent au final entre les mains de la CIA et du BND, qui ont acheté ensemble Crypto AG en 1971 via un fonds du Liechtenstein. Cette opération conjointe a été baptisée Rubicon.

"La CIA pouvait écouter les informations à l'étape même de préparation du putsch au Chili. Les services secrets américains possédaient à l'époque déjà des compétences incroyables en la matière, c'est pourquoi ils pouvaient soutenir et aider le putsch", explique Peter Kornbluh, historien des archives de la sécurité nationale des États-Unis.

Cependant, dans les années 1990, la société Crypto AG a attiré des soupçons : son cofondateur a été pris en flagrant délit de correspondance avec un représentant de la CIA, et son représentant commercial a été arrêté en Iran. Craignant d'être percés à jour, les Allemands se sont retirés de Rubicon en vendant leur part aux Américains, qui continuaient de se camoufler derrière Crypto AG jusqu'en 2018.

Maintenant, les USA menacent de rétorsion les pays qui voudraient acheter du matériel chinois de Huawei sous prétexte que c’est une porte d’entrée pour de l’espionnage. Peut-être, mais cela ne peut pas être pire que l’espionnage US.

En fait, il s’agit simplement pour les USA de vendre leur matériel, c’est une simple affaire de $,

Les Chinois ne sont pas des naïfs, ce scandale de l'espionnage US sort avec un timing parfait, au moment où les USA tente de saboter le marché de Hawei, je suppose que les services de renseignement chinois ne sont pas pour rien dans cette affaire, et, tout bien considéré, on ne peut pas leur donner tort.
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Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/02/2020 à 11:59
Huawei en zone rouge : l'Oncle Sam a retenu 16 charges contre l’entreprise incluant le racket, la fraude
Le blanchiment d'argent, le vol de technologies propriétaires (y compris le bras d'un robot)

Alors que l’entreprise chinoise Huawei est sur le point de jouer un rôle majeur dans le déploiement de la 5G à l’échelle planétaire, l’administration Trump s’est engagée dans une campagne de boycott de grande ampleur pour imposer le bannissement des équipements réseau du chinois. Les États-Unis cherchent à persuader leurs alliés de l’UE et des Big Five qu’en raison des soupçons de collusion qui existeraient entre Huawei et le gouvernement et l’armée de Chine, d’une part, et d’autre part, des preuves d’espionnage invisibles des USA incriminant Huawei dans des affaires d’espionnage à grande échelle, les logiciels et le matériel fournis par cette entreprise sont utilisés par Pékin à des fins de cyberespionnage ou de sabotage.


L’administration Trump cherche à nouer des partenariats avec différents acteurs de l’industrie des télécommunications afin de fournir des alternatives aux technologies de la société chinoise Huawei, a récemment rapporté Reuters sur la base des déclarations faites ce vendredi par un haut responsable de la Maison-Blanche.

S’exprimant lors de la conférence de Munich sur la sécurité en Allemagne, Robert Blair, représentant spécial de la Maison-Blanche pour la politique internationale des télécommunications, a confié qu’un partenariat était « ;très différent de l’achat de parts [d’entreprises] avec l’argent des contribuables ;». Cette allocution de Blair a probablement été faite en réaction aux déclarations du procureur général William Barr qui a suggéré précédemment à l’Administration Trump de prendre le contrôle de deux grands rivaux étrangers de Huawei, dans le cadre du bras de fer commercial opposant Washington à Pékin et compte tenu des graves accusations d’espionnage (par l’entremise du matériel réseau qu’il vend) émises par les États-Unis à l’encontre de Huawei.

Robert Blair a ajouté que la Grande-Bretagne devait « ;réexaminer avec la plus grande attention ;» sa décision d’utiliser du matériel fabriqué par le géant chinois Huawei, ce qui, selon les responsables de Washington, constitue un risque pour la sécurité.


Quelques heures plus tôt, des procureurs américains ont accusé l’entreprise Huawei d’avoir volé des secrets commerciaux pour soustraire des technologies clés à d’autres entreprises et chercheurs aux États-Unis et renvoyer ces informations en Chine. Les procureurs affirment que Huawei a même mis en place un système de primes pour les employés qui pourraient voler la meilleure technologie et a aidé l’Iran à traquer des manifestants. Le nouvel acte d’accusation qui remplace celui qui a été rendu public l’année passée et déposé devant la Cour fédérale de Brooklyn, à New York.

En tout, la société Huawei est poursuivie par le gouvernement américain pour 16 chefs d’accusation. Une panoplie de techniques aurait permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts en matière de R/D et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. On peut voir dans le dossier d’accusation que le géant Huawei et certaines de ses filiales sont poursuivis pour conspiration, violation d’une loi sur le racket utilisée en général pour lutter contre le crime organisé, vol des secrets commerciaux dans six entreprises américaines, mais aussi pour fraude et blanchiment d’argent.

Le dossier d'accusation contient en outre de nouvelles allégations concernant l’implication de l’entreprise dans des pays faisant l’objet de sanctions (Iran et la Corée du Nord notamment) établies par les USA et affirme, entre autres, qu'elle a installé en Iran du matériel de surveillance qui a été utilisé pour surveiller, identifier et séquestrer des manifestants lors des manifestations antigouvernementales de 2009 à Téhéran.

Les nouvelles allégations de vol de secrets commerciaux proférées par l'Oncle Sam concernent le détournement (par des moyens physiques ou autres) de la technologie liée aux antennes cellulaires, de la technologie robotique, du code source et des manuels d’utilisation de routeurs. Huawei est aussi accusé d’avoir élaboré un programme récompensant les employés-informateurs ayant détourné et transmis le plus de données confidentielles sur ses concurrents, de recruter des employés d’autres entreprises, de faire des efforts pour obtenir la propriété intellectuelle de ces entreprises et d’utiliser des professeurs d’instituts de recherche et divers autres moyens pour s’approprier des technologies protégées par le droit d’auteur.

Par ailleurs, le directeur financier du groupe, Meng Wanzhou, a été cité comme défendeur. Meng est détenu au Canada et risque d’être extradé vers les États-Unis sous des accusations distinctes, mais toujours liées à Huawei, de fraude bancaire.

« ;L’acte d’accusation dresse le portrait accablant d’une organisation illégitime qui n’a aucun respect pour la loi ;», ont déclaré le ministre américain des Affaires étrangères, le président de la commission sénatoriale du renseignement Richard Burr et le vice-président Mark Warner dans une déclaration commune ;; tandis que les sénateurs l’ont qualifié « ;d’étape importante dans la lutte contre l’État et l’entreprise criminelle dirigés par Huawei ;».


Selon l’accusé, ces accusations font partie « ;d’une tentative de nuire irrévocablement à la réputation de Huawei et à ses activités pour des raisons liées à la concurrence plutôt qu’à l’application de la loi ;». L’entreprise chinoise a en outre qualifié l’accusation de racket de « ;réemballage artificiel d’une poignée d’allégations civiles vieilles de près de 20 ans ;». Huawei a plaidé non coupable à l’accusation précédente portée contre lui en janvier 2019, qui le soupçonnait de fraude bancaire et électronique, de violation des sanctions contre l’Iran et d’entrave à la justice.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, interrogé sur les mises en accusation lors d’un briefing à Pékin, a exhorté les États-Unis à cesser immédiatement de réprimer les entreprises chinoises sans raison, car de tels actes portent gravement atteinte à la crédibilité et à l’image des États-Unis.

En marge de ces annonces, il faut souligner que le département américain du Commerce a prévenu qu’il allait prolonger de 45 jours supplémentaires « ;la période de grâce ;» permettant aux entreprises américaines comme Google, Microsoft ou Apple, de continuer à faire des affaires avec Huawei. Cette mesure viserait à maintenir les équipements existants et à donner aux fournisseurs des communautés rurales plus de temps pour trouver des alternatives aux solutions réseau de l’entreprise chinoise.

Source : Dossier d’accusation (PDF), Reuters

Et vous ?

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