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Google publie la liste des trois moteurs de recherche alternatifs proposés par pays de l'UE sur Android au quatrième trimestre 2020
DuckDuckGo est éjecté de la liste de plusieurs pays

Le , par Stéphane le calme

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En réponse à une amende de 5 milliards de dollars qui lui a été infligée par la Commission européenne pour abus de position dominante avec son système d’exploitation pour appareils mobiles Android, Google a prévenu en mars 2019 son intention de demander aux utilisateurs d’Android en Europe quel moteur de recherche ils veulent utiliser par défaut sur leurs mobiles. La société a également présenté aux utilisateurs d’Android une option permettant de télécharger des applications de recherche et de navigateur supplémentaires dans Google Play.

Plus tard, en août 2019, l'entreprise a déclaré dans un communiqué : « L’année prochaine, nous proposerons aux utilisateurs d’Android un nouveau moyen de sélectionner un moteur de recherche pour alimenter un champ de recherche sur leur écran d’accueil et par défaut dans Chrome (si installé). Les fournisseurs de recherche peuvent demander à faire partie du nouvel écran de sélection qui apparaitra lorsque quelqu’un configurera un nouveau smartphone ou tablette Android en Europe ».

L’entreprise a indiqué que « les fournisseurs de recherche éligibles devront remplir un formulaire de candidature et pourront enchérir pour une inclusion basée sur une enchère ».

À priori, quatre options (incluant le moteur de recherche de Google et trois alternatives déterminées au terme d’une sélection payante) devaient être proposées dans un ordre aléatoire aux utilisateurs. Les alternatives éligibles devaient participer à des enchères par pays et faire une offre par pays en précisant le montant qu’elles consentent à verser à la firme de Mountain View pendant la période de grâce - de janvier à décembre 2020 pour la première phase - chaque fois qu’un client utilisera leur moteur de recherche sur Android à la place Google. Le moteur de recherche défini durant cette étape obligatoire avant la poursuite du premier démarrage d’un dispositif tournant sous Android sera utilisé par défaut dans le champ de recherche d’Android et dans Chrome (si l’application est installée).

Google a prévu une offre minimale par pays pour figurer dans la short-liste et expliqué que les trois offres les plus élevées atteignant ou dépassant le seuil d’enchère minimal pour un pays donné apparaitront dans l’écran sélection de ce pays. L’entreprise a assuré qu’en cas d’égalité des voix, elle « attribuera les créneaux horaires de manière aléatoire entre les soumissionnaires liés ». Et si moins de trois fournisseurs de recherche éligibles atteignent ou dépassent le seuil d’enchères, elle « remplira les emplacements restants de manière aléatoire à partir du pool de fournisseurs de recherche éligibles. Le groupe de fournisseurs éligibles comprendra ceux qui ont demandé à participer à l’écran de choix, mais n’ont pas soumis d’offre ».

En janvier 2020, la liste des moteurs de recherche alternatifs par pays suivante a été publiée :
  • Autriche : DuckDuckGo, GMX, Info.com
  • Belgique : DuckDuckGo, Info.com, Qwant
  • Bulgarie : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Croatie : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • République tchèque : DuckDuckGo, Info.com, Seznam
  • Danemark : DuckDuckGo, Givero, Info.com
  • Estonie : DuckDuckGo, Info.com, Yandex
  • Finlande : DuckDuckGo, Info.com, Yandex
  • France : DuckDuckGo, Info.com, Qwant
  • Allemagne : DuckDuckGo, GMX, Info.com
  • Grèce : DuckDuckGo, Info.com, Qwant
  • Hongrie : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Islande : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Ireland : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Italie : DuckDuckGo, Info.com, Qwant
  • Lettonie : DuckDuckGo, Info.com, Yandex
  • Liechtenstein : DuckDuckGo, Info.com, Qwant
  • Lituanie : DuckDuckGo, Info.com, Yandex
  • Luxembourg : DuckDuckGo, Info.com, Qwant
  • Malte : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Pays-Bas : DuckDuckGo, GMX, Info.com
  • Norvège : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Pologne : DuckDuckGo, Info.com, Yandex
  • Portugal : DuckDuckGo, Info.com, Qwant
  • République de Chypre : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Roumanie : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Slovaquie : DuckDuckGo, Info.com, Seznam
  • Slovénie : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Espagne : DuckDuckGo, Info.com, Qwant
  • Suède : DuckDuckGo, Info.com, PrivacyWall
  • Royaume-Uni : Bing, DuckDuckGo, Info.com

Google a précisé que son propre moteur de recherche n’a pas participé aux enchères. Sa solution a néanmoins été systématiquement proposée aux internautes lors de la configuration, en plus des trois autres services. L’entreprise américaine indique que ces places concernent la période courant du 1er mars 2020 au 30 juin 2020.


De nouvelles enchères, une liste modifiée des moteurs de recherche alternatifs proposés par défaut

Fin septembre, Google a mis à jour la liste des moteurs de recherche alternatifs par pays sur la période de grâce allant du 1er octobre 2020 au 31 décembre 2020 :
  • Autriche : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Belgique : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Bulgarie : DuckDuckGo, GMX, info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Croatie : DuckDuckGo, GMX, info.com
  • République tchèque : info.com, PrivacyWall, Seznam.cz
  • Danemark : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Estonie : GMX, info.com, Yandex
  • Finlande : Bing, info.com, PrivacyWall
  • France : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Allemagne : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Grèce : GMX, info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Hongrie : GMX, info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Islande : DuckDuckGo, GMX, info.com
  • Irlande : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Italie : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Lettonie : info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Liechtenstein : DuckDuckGo, GMX, info.com
  • Lituanie : GMX, info.com, PrivacyWall
  • Luxembourg : GMX, info.com, Qwant
  • Malte : GMX, info.com, PrivacyWall
  • Pays-Bas : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Norvège : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Pologne : GMX, info.com, PrivacyWall
  • Portugal : GMX, info.com, Yandex
  • République de Chypre : GMX, info.com, Yandex
  • Roumanie : GMX, info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Slovaquie : GMX, info.com, Seznam.cz
  • Slovénie : Ecosia, GMX, info.com
  • Espagne : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Suède : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Royaume-Uni : Bing, info.com, PrivacyWall

Comme l'indique la liste, en France, les moteurs de recherche aléatoires qui seront proposés sont désormais Bing, info.com, PrivacyWall. Notons que seule info.com figure toujours dans la liste (la précédente était constituée par DuckDuckGo, Info.com et Qwant).

La réaction de DuckDuckGo

Le moteur de recherche, qui se veut le champion de la vie privée, n'a pas manqué d'indiquer qu'il était persuadé de ne pas figurer dans la liste des gagnants des enchères :

« Comme expliqué dans cette série, nous pensons que les menus de préférences de recherche - ceux qui modifient tous les paramètres de recherche par défaut et incluent les alternatives Google les plus courantes - peuvent permettre aux consommateurs d'exprimer facilement leurs préférences de recherche et d'accroître considérablement la concurrence sur le marché de la recherche. Nos tests d'utilisateurs sur grand échantillon les plus récents montrent que lorsqu'un menu de préférences de recherche est correctement conçu, la part de marché de Google sur les mobiles de recherche pourrait immédiatement baisser d'environ 20 % (avec un changement de marché potentiellement plus important au fil du temps).

« Cependant, le menu de préférences de recherche actuel de Google dans l'UE n'est pas correctement conçu, comme en témoignent les résultats des enchères du quatrième trimestre 2020 qui viennent d'être publiés, indiquant quels moteurs de recherche apparaitront dans le menu. DuckDuckGo, bien qu'il s'agisse de l'alternative à Google que les consommateurs souhaitent le plus sélectionner, n'apparaitra plus dans la plupart des pays. En conséquence, de nombreux résidents de l'UE qui achètent un nouvel appareil Android n'auront plus un moyen facile d'adopter un moteur de recherche privé.

« Le principal problème avec le menu des préférences de recherche de Google est qu’il s’agit d’une enchère payante dans laquelle seuls ceux qui proposent les enchères les plus élevées figurent sur le menu. Ce format d'enchères incite les participants à proposer un montant qu'ils peuvent espérer gagner par sélection d'utilisateur. Le résultat à long terme est que les alternatives de Google qui participent aux enchères doivent donner la plupart de leurs bénéfices de menu de préférences à Google! L'enchère de Google incite encore plus les moteurs de recherche à être moins respectueux de la vie privée, à augmenter les annonces et à ne pas faire de dons à de bonnes causes, car s'ils font ces choses, ils pourraient alors se permettre de faire une offre plus élevée ».

Et d'expliquer que :

« Bien que DuckDuckGo soit solidement rentable depuis 2014, nous avons été exclus de cette vente aux enchères parce que nous choisissons de ne pas maximiser nos profits en exploitant nos utilisateurs. Concrètement, cela signifie que notre engagement envers la confidentialité et une expérience de recherche plus propre se traduisent par moins d'argent par recherche. Cela signifie que nous devons enchérir moins par rapport aux autres entreprises qui maximisent les profits.

« Nous avons prédit ce résultat, mais avons choisi de participer aussi longtemps que possible, car offrir aux consommateurs un moyen facile d'obtenir une protection simple de la vie privée est plus important qu'un boycott. Nous n’avons pas été éliminés plus tôt pour deux raisons. Premièrement, les prix ont été temporairement vus à la baisse en raison de la diminution du nombre de soumissionnaires, car nous pensons que toutes les entreprises éligibles n'ont pas soumis les documents initiaux à temps pour participer aux premières rondes. Deuxièmement, nous n'avions pas de données adéquates sur les résultats des enchères et leur impact sur nos activités jusqu'à ce tour. Avec ces informations, nous avons proposé ce qui est durable à long terme et nous avons été éliminés ».

DuckDuckGo propose une alternative aux enchères et demande à l'UE de prendre des mesures

Pour DuckDuckGo, il y a de meilleurs moyens de proposer un menu de préférence de recherche qui donne plus de pouvoir au consommateur tout en augmentant la concurrence :

« Dans notre proposition, il n'y a pas d'enchères. Les moteurs de recherche alternatifs avec la plus grande part de marché sur chaque marché sont affichés sur le premier écran, classés au hasard. Les autres moteurs de recherche alternatifs sont disponibles par défilement, également classés aléatoirement.

« Nos recherches montrent qu'un tel menu de préférence peut être une excellente solution. La Commission européenne devrait agir maintenant et demander à Google de revoir la conception de son menu de préférences. La solution actuelle n'en est pas du tout une - elle est fondamentalement truquée par Google au profit de Google. La Commission a déclaré qu'elle attendait des données pour agir : ces données sont désormais disponibles. Pour accélérer ce processus, nous envoyons à la Commission nos données qui démontrent exactement comment le processus actuel élimine inévitablement DuckDuckGo ».


DuckDuckGo a enregistré des records dans son trafic : le moteur de recherche a annoncé que le mois d'août 2020 s'était terminé par plus de 2 milliards de recherches au total via sa plateforme de recherches pour une moyenne de recherches journalière de 65 millions. Depuis le début de l’année, ses statistiques les plus basses ont été observées en janvier avec 1,6 milliard de recherches pour une moyenne de recherches journalière de 51 millions. DuckDuckGo a battu son ancien record de trafic annuel en trois trimestres : en 2020, DuckDuckGo a déjà enregistré 15,5 milliards de recherches (jusqu’au 15 septembre), soit un trafic plus élevé que sur l’année 2019 (15 milliards de recherches) ou 2018 (9,2 milliards de recherches). Un volume de recherches qui est même supérieur à la somme de celles effectuées en 2017 (5,9 milliards), 2016 (4 milliards) et 2015 (3,1 milliards).

DuckDuckGo a enregistré plus de 2 milliards de recherches et 4 millions d'installations d'applications / d'extensions, et la société a également déclaré qu'elle comptait plus de 65 millions d'utilisateurs actifs.

Même si DuckDuckGo se développe rapidement, il contrôle toujours moins de 2 % de tout le volume de recherches en France. Cependant, la tendance de croissance de DuckDuckGo s'est poursuivie tout au long de l'année, principalement en raison du scandale de confidentialité de Google et d'autres entreprises.

Source : Google, DuckDuckGo

Et vous ?

Quelle lecture faites-vous de cette situation ?
Quel(s) moteur(s) de recherche utilisez-vous sur desktop ? Sur mobile ? Sur quel(s) navigateur(s) ?
Que pensez-vous de la pertinence de proposer un moteur de recherche au public lors de l'initialisation d'un nouveau dispositif Android ? Cela est-il susceptible d'influencer les parts de marché ? Dans quelle mesure ?

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Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 28/10/2020 à 15:04
Des moteurs de recherche demandent à la Commission européenne une réunion tripartite avec Google,
au sujet de son système d'enchères pour figurer sur la liste des moteurs proposés par défaut sur Android

En réponse à une amende de 5 milliards de dollars qui lui a été infligée par la Commission européenne pour abus de position dominante avec son système d’exploitation pour appareils mobiles Android, Google a prévenu en mars 2019 son intention de demander aux utilisateurs d’Android en Europe quel moteur de recherche ils veulent utiliser par défaut sur leurs mobiles. La société a également présenté aux utilisateurs d’Android une option permettant de télécharger des applications de recherche et de navigateur supplémentaires dans Google Play.

Plus tard, en août 2019, l'entreprise a déclaré dans un communiqué : « L’année prochaine, nous proposerons aux utilisateurs d’Android un nouveau moyen de sélectionner un moteur de recherche pour alimenter un champ de recherche sur leur écran d’accueil et par défaut dans Chrome (si installé). Les fournisseurs de recherche peuvent demander à faire partie du nouvel écran de sélection qui apparaitra lorsque quelqu’un configurera un nouveau smartphone ou tablette Android en Europe ».

L’entreprise a indiqué que « les fournisseurs de recherche éligibles devront remplir un formulaire de candidature et pourront enchérir pour une inclusion basée sur une enchère ».

À priori, quatre options (incluant le moteur de recherche de Google et trois alternatives déterminées au terme d’une sélection payante) devaient être proposées dans un ordre aléatoire aux utilisateurs. Les alternatives éligibles devaient participer à des enchères par pays et faire une offre par pays en précisant le montant qu’elles consentent à verser à la firme de Mountain View pendant la période de grâce - de janvier à décembre 2020 pour la première phase - chaque fois qu’un client utilisera leur moteur de recherche sur Android à la place Google. Le moteur de recherche défini durant cette étape obligatoire avant la poursuite du premier démarrage d’un dispositif tournant sous Android sera utilisé par défaut dans le champ de recherche d’Android et dans Chrome (si l’application est installée).

Google a prévu une offre minimale par pays pour figurer dans la short-liste et expliqué que les trois offres les plus élevées atteignant ou dépassant le seuil d’enchère minimal pour un pays donné apparaitront dans l’écran sélection de ce pays. L’entreprise a assuré qu’en cas d’égalité des voix, elle « attribuera les créneaux horaires de manière aléatoire entre les soumissionnaires liés ». Et si moins de trois fournisseurs de recherche éligibles atteignent ou dépassent le seuil d’enchères, elle « remplira les emplacements restants de manière aléatoire à partir du pool de fournisseurs de recherche éligibles. Le groupe de fournisseurs éligibles comprendra ceux qui ont demandé à participer à l’écran de choix, mais n’ont pas soumis d’offre ».

Fin septembre, Google a mis à jour la liste des moteurs de recherche alternatifs par pays sur la période de grâce allant du 1er octobre 2020 au 31 décembre 2020 :
  • Autriche : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Belgique : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Bulgarie : DuckDuckGo, GMX, info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Croatie : DuckDuckGo, GMX, info.com
  • République tchèque : info.com, PrivacyWall, Seznam.cz
  • Danemark : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Estonie : GMX, info.com, Yandex
  • Finlande : Bing, info.com, PrivacyWall
  • France : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Allemagne : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Grèce : GMX, info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Hongrie : GMX, info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Islande : DuckDuckGo, GMX, info.com
  • Irlande : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Italie : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Lettonie : info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Liechtenstein : DuckDuckGo, GMX, info.com
  • Lituanie : GMX, info.com, PrivacyWall
  • Luxembourg : GMX, info.com, Qwant
  • Malte : GMX, info.com, PrivacyWall
  • Pays-Bas : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Norvège : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Pologne : GMX, info.com, PrivacyWall
  • Portugal : GMX, info.com, Yandex
  • République de Chypre : GMX, info.com, Yandex
  • Roumanie : GMX, info.com, PrivacyWall, Yandex
  • Slovaquie : GMX, info.com, Seznam.cz
  • Slovénie : Ecosia, GMX, info.com
  • Espagne : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Suède : Bing, info.com, PrivacyWall
  • Royaume-Uni : Bing, info.com, PrivacyWall

Google a précisé que son propre moteur de recherche n’a pas participé aux enchères. Sa solution a néanmoins été systématiquement proposée aux internautes lors de la configuration, en plus des trois autres services. Comme l'indique la liste, en France, les moteurs de recherche aléatoires qui seront proposés sont désormais Bing, info.com, PrivacyWall. Notons que seule info.com figure toujours dans la liste (la précédente était constituée par DuckDuckGo, Info.com et Qwant).


La réaction de la concurrence

Dans un premier temps, DuckDuckGo n'a pas manqué de manifester son indignation, indiquant qu'il était persuadé de ne pas figurer dans la liste des gagnants des enchères :

« Comme expliqué dans cette série, nous pensons que les menus de préférences de recherche - ceux qui modifient tous les paramètres de recherche par défaut et incluent les alternatives Google les plus courantes - peuvent permettre aux consommateurs d'exprimer facilement leurs préférences de recherche et d'accroître considérablement la concurrence sur le marché de la recherche. Nos tests d'utilisateurs sur grand échantillon les plus récents montrent que lorsqu'un menu de préférences de recherche est correctement conçu, la part de marché de Google sur les mobiles de recherche pourrait immédiatement baisser d'environ 20 % (avec un changement de marché potentiellement plus important au fil du temps).

« Cependant, le menu de préférences de recherche actuel de Google dans l'UE n'est pas correctement conçu, comme en témoignent les résultats des enchères du quatrième trimestre 2020 qui viennent d'être publiés, indiquant quels moteurs de recherche apparaitront dans le menu. DuckDuckGo, bien qu'il s'agisse de l'alternative à Google que les consommateurs souhaitent le plus sélectionner, n'apparaitra plus dans la plupart des pays. En conséquence, de nombreux résidents de l'UE qui achètent un nouvel appareil Android n'auront plus un moyen facile d'adopter un moteur de recherche privé.

« Le principal problème avec le menu des préférences de recherche de Google est qu’il s’agit d’une enchère payante dans laquelle seuls ceux qui proposent les enchères les plus élevées figurent sur le menu. Ce format d'enchères incite les participants à proposer un montant qu'ils peuvent espérer gagner par sélection d'utilisateur. Le résultat à long terme est que les alternatives de Google qui participent aux enchères doivent donner la plupart de leurs bénéfices de menu de préférences à Google! L'enchère de Google incite encore plus les moteurs de recherche à être moins respectueux de la vie privée, à augmenter les annonces et à ne pas faire de dons à de bonnes causes, car s'ils font ces choses, ils pourraient alors se permettre de faire une offre plus élevée.

« Bien que DuckDuckGo soit solidement rentable depuis 2014, nous avons été exclus de cette vente aux enchères parce que nous choisissons de ne pas maximiser nos profits en exploitant nos utilisateurs. Concrètement, cela signifie que notre engagement envers la confidentialité et une expérience de recherche plus propre se traduisent par moins d'argent par recherche. Cela signifie que nous devons enchérir moins par rapport aux autres entreprises qui maximisent les profits.

« Nous avons prédit ce résultat, mais avons choisi de participer aussi longtemps que possible, car offrir aux consommateurs un moyen facile d'obtenir une protection simple de la vie privée est plus important qu'un boycott. Nous n’avons pas été éliminés plus tôt pour deux raisons. Premièrement, les prix ont été temporairement vus à la baisse en raison de la diminution du nombre de soumissionnaires, car nous pensons que toutes les entreprises éligibles n'ont pas soumis les documents initiaux à temps pour participer aux premières rondes. Deuxièmement, nous n'avions pas de données adéquates sur les résultats des enchères et leur impact sur nos activités jusqu'à ce tour. Avec ces informations, nous avons proposé ce qui est durable à long terme et nous avons été éliminés ».


La semaine dernière, DuckDuckGo a écrit une lettre ouverte distincte qui demandait à Google pourquoi la définition de moteurs de recherche alternatifs par défaut sur Android nécessite tant d'étapes :

« Google, étant donné que vous avez souvent dit que la concurrence était à un clic et que vous savez qu'un processus compliqué supprime la concurrence, pourquoi faut-il plus de quinze clics pour faire de DuckDuckGo Search ou de toute autre alternative la valeur par défaut sur les appareils Android ? La recherche Google est définie par défaut sur les appareils Android de deux manières, via la barre de recherche de l'écran d'accueil et le navigateur par défaut. Voici comment quelqu'un peut changer les deux :
  1. Ouvrir Google Play
  2. Rechercher «DuckDuckGo» (techniquement au moins trois clics)
  3. Appuyer sur DuckDuckGo Privacy Browser
  4. Appuyer sur Installer
  5. Accéder à l'icône DuckDuckGo
  6. Appuyer longuement sur l'icône DuckDuckGo
  7. Appuyer sur l'icône des widgets
  8. Appuyer longuement sur le widget et le placer sur l'écran d'accueil
  9. Appuyer longuement sur le widget Google
  10. Appuyer sur Supprimer (le processus peut différer et ne fonctionne pas sur tous les appareils, par exemple, les téléphones Google Pixel - allez comprendre !). Vous devez maintenant soit faire de DuckDuckGo votre navigateur par défaut, soit faire de DuckDuckGo votre moteur de recherche par défaut dans votre navigateur préféré. Nombre d'étapes similaire dans les deux cas, mais nous ferons le premier car c'est beaucoup mieux pour la confidentialité.
  11. Ouvrir les paramètres
  12. Rechercher «navigateur» (techniquement au moins deux clics)
  13. Appuyer sur Application de navigateur par défaut
  14. Appuyer sur DuckDuckGo
  15. Appuyer sur Accueil.

« Ce long processus met des obstacles inutiles sur la manière dont les gens peuvent utiliser le service qu'ils souhaitent. À l'heure actuelle, il n'y a pas de paramètre de recherche globale d'appareils sur Android, c'est pourquoi il y a tant d'étapes. Cependant, ce n’est pas forcément le cas. Le changement de moteur de recherche par défaut peut et doit se faire en un seul clic via un menu de préférences de recherche correctement conçu que les utilisateurs le voient automatiquement lors de la configuration de l'appareil et peuvent être renvoyés dans les paramètres (également en un clic).

« Compte tenu de votre position sur la concurrence en un clic, Google, vous engagez-vous à permettre aux consommateurs de sélectionner leur moteur de recherche préféré en un clic ? »


Désormais, avec d'autres moteurs de recherche alternatifs (notamment les français Lilo et Qwant, le tchèque Seznam et l'allemande Ecosia), DuckDuckGo a demandé à la Commission européenne une réunion tripartite avec Google. Dans une lettre ouverte, les moteurs de recherche déclarent :

« Cher vice-président exécutif Vestager,

« Nous sommes des entreprises exploitant des moteurs de recherche qui rivalisent avec Google. Comme vous le savez, nous sommes profondément mécontents du prétendu remède créé par Google pour remédier aux effets néfastes de son comportement anticoncurrentiel dans l'affaire Android. Nous comprenons que Google vous informe régulièrement de ses enchères payantes, mais il semble que vous ne receviez peut-être pas des informations complètes ou exactes.

« Nous vous écrivons pour demander une réunion trilatérale avec votre bureau, nous-mêmes et Google, dans le but d'établir un menu de préférences efficace. Nos délégués respectifs pourraient travailler à l'avance pour créer un ordre du jour serré pour cette réunion afin de garantir qu'elle soit productive et collaborative.

« Nous soutenons de tout cœur l’ambition de la Commission de remédier aux préjudices enracinés de la concurrence de Google. Nous vous demandons de mettre ces intentions en pratique dès maintenant, en utilisant pleinement vos outils existants.

« Merci d'avance pour votre considération ».

Ecosia s'insurge contre les pratiques de Google

Dans un billet de blog, l'allemand note que :

« Au cours de la dernière décennie, Google est devenue l'une des organisations les plus monopolistiques de l'histoire de l'humanité. Son moteur de recherche a une part de marché de 87 % - dans aucun autre secteur, une telle domination ne serait tolérée par les régulateurs antitrust. Depuis la décision antitrust de l'UE de 2018 contre Google, le monstre a activement ignoré l'esprit de la décision et a proposé des solutions basées sur des enchères qui ne sont rien de plus qu'un affront à la souveraineté du pouvoir réglementaire européen. Telles sont les principales raisons pour lesquelles nous unissons nos forces avec d'autres moteurs de recherche alternatifs amis - à la suite du dépôt d'accusations antitrust par le ministère américain de la Justice contre Google, nous appelons conjointement à un regard renouvelé sur la manière dont la domination de Google est contrôlée. Une table ronde entre la Commission européenne, Google et d'autres acteurs de la recherche est désormais nécessaire, notamment en ce qui concerne l'enchère Android payante.

« Le contrôle de la recherche par Google est étonnamment simple : il domine la recherche en exigeant que l'on paye le droit d'être l'option de recherche par défaut sur tous les principaux navigateurs, possédant le navigateur Chrome le plus populaire au monde, ainsi que le système d'exploitation Android. Ils contrôlent également Gmail, le plus grand service de messagerie au monde, ainsi que le deuxième moteur de recherche au monde, Youtube. Ce processus "d'entonnoir" garantit que les gens sont toujours dans l'écosystème de Google, ramenant les utilisateurs vers le moteur de recherche principal et créant une puissance de feu financière avec laquelle personne ne pourrait espérer rivaliser.

« Ce que nous aimerions voir, c'est une fin réglementée de cette approche d'entonnoir pay-for-play - aucune organisation ne devrait posséder autant de points d'accès sur le Web. Nous voulons une réglementation à l'échelle de l'UE qui garantisse que tous les acteurs, quelle que soit leur puissance financière, aient une visibilité égale sur tous les navigateurs et systèmes d'exploitation. Donner l'accès à tous les acteurs, et pas seulement à Google, permettra aux utilisateurs d'opter pour le moteur de recherche qu'ils préfèrent le plus, ce qui à long terme contribuera à créer une concurrence plus équitable sur notre marché ».

Source : lettre ouverte, DuckDuckGo

Et vous ?

Que pensez-vous de cette initiative (réunion tripartite - moteurs de recherche alternatifs, Google et Commission européenne) ?
Que pensez-vous de l'argument de DuckDuckGo selon lequel la définition de moteurs de recherche alternatifs par défaut sur Android nécessite beaucoup d'étapes et que cela porte préjudice à la concurrence ?
Que pensez-vous du système des enchères pour figurer sur la liste des moteurs alternatifs proposés par défaut à l'installation ?
9  0 
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 13/11/2020 à 19:05
Qwant écrit au Procureur général des États-Unis William P. Barr pour attirer son attention,
sur les pratiques commerciales déloyales généralisées de Google aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.

Le ministère américain de la Justice a intenté mardi 20 octobre 2020 une action antitrust en justice contre Alphabet Inc., la maison-mère de Google, affirmant que la société utilise son pouvoir de marché pour évincer ses rivaux. Le ministère a déclaré que rien n'était hors de propos, y compris une dissolution de la société de recherche et de publicité sur Internet.

« Aujourd'hui, des millions d'Américains dépendent d'Internet et des plateformes en ligne pour leur vie quotidienne », a déclaré le procureur général William Barr dans un communiqué. « La concurrence dans ce secteur est d'une importance vitale, c'est pourquoi la poursuite d'aujourd'hui contre Google pour violation des lois antitrust est une affaire de la plus haute importance à la fois pour le ministère de la Justice et pour le peuple américain ».

« Au cours des 16 derniers mois, la division antitrust a recueilli des preuves convaincantes que Google ne fait plus de concurrence uniquement sur le fond, mais utilise à la place son pouvoir de monopole – et des milliards de profit de monopole – pour verrouiller les voies clés de recherche sur les téléphones mobiles et les navigateurs ainsi que les appareils de nouvelle génération, privant les concurrents de la distribution et de l'évolutivité », a-t-il ajouté.

« Le résultat final est que personne ne peut contester la domination de Google en matière de recherches et de publicité relatives aux recherches ».

Des moteurs alternatifs de recherche loin d'être satisfaits par les propositions de Google

Le 27 octobre 2020, des moteurs de recherche alternatifs (notamment les Français Lilo et Qwant, le Tchèque Seznam, l'Allemand Ecosia et l'Américain DuckDuckGo) ont demandé à la Commission européenne une réunion tripartite avec Google. Ils ont estimé que la réponse de Google pour ouvrir le marché à la concurrence en leur proposant de participer à des enchères pour être proposé comme choix par défaut aux utilisateurs européens était loin d'être une solution aux problèmes d'abus de position dominante :

« Nous sommes des entreprises exploitant des moteurs de recherche qui rivalisent avec Google. Comme vous le savez, nous sommes profondément mécontents du prétendu remède créé par Google pour remédier aux effets néfastes de son comportement anticoncurrentiel dans l'affaire Android. Nous comprenons que Google vous informe régulièrement de ses enchères payantes, mais il semble que vous ne receviez peut-être pas des informations complètes ou exactes.

« Nous vous écrivons pour demander une réunion trilatérale avec votre bureau, nous-mêmes et Google, dans le but d'établir un menu de préférences efficace. Nos délégués respectifs pourraient travailler à l'avance pour créer un ordre du jour serré pour cette réunion afin de garantir qu'elle soit productive et collaborative.

« Nous soutenons de tout cœur l’ambition de la Commission de remédier aux préjudices enracinés de la concurrence de Google. Nous vous demandons de mettre ces intentions en pratique dès maintenant, en utilisant pleinement vos outils existants.

« Merci d'avance pour votre considération ».


Le PDG de Qwant félicite l’action menée à l’endroit de Google et demande que la concurrence puisse s’exprimer

Dans ce contexte, Jean-Claude Ghinozzi, PDG de Qwant, a adressé une lettre au Procureur général des États-Unis :

« L’innovation produit de Google apportée au marché de la recherche générale est indéniable et personne ne remet en question leur capacité technologique. À l'instar d'autres entreprises américaines remarquables telles que Microsoft, Amazon ou Facebook, Google a acquis sa réputation et s'est hissée en position dominante avant tout grâce à ses mérites.

« Google a pu faire connaître ces mérites au public et gagner ses parts de marché, car les concurrents historiques n'abusaient pas de leur propre domination de l'époque. Hélas, Google abuse de sa position dominante pour empêcher la concurrence de se développer.

« Qwant se trouve dans une situation typique de celles que vous décrivez dans votre réclamation, car Google nous a également empêchés de pénétrer la plupart sinon la totalité du marché de la recherche mobile, en raison de ses pratiques anticoncurrentielles. Malgré le grand intérêt manifesté par les partenaires commerciaux et industriels qui estiment que notre respect renommé de la vie privée des utilisateurs peut être d'une valeur ajoutée significative pour leurs produits, nos tentatives pour obtenir des accords de distribution de smartphones avec Qwant préinstallé en tant que moteur de recherche ont échoué en raison des effets de dissuasion du système de licence Android et Google Apps. L’objectif de longue date de Google était que ses pratiques contractuelles empêchent la plupart des consommateurs de voir, de choisir et d’utiliser le service de recherche d’un concurrent, et cette stratégie est malheureusement toujours très efficace aujourd’hui.

« Ce comportement nuit à la concurrence et donc à tous les consommateurs du monde entier qui manquent de choix alternatifs. Il exige l'application la plus stricte de la réglementation antitrust. À ce sujet, veuillez noter qu'à ce jour, la réponse de Google à sa condamnation à une amende de 4,34 milliards d'euros dans l'affaire COMP / AT.40099 est d'exiger de ses propres concurrents qu'ils paient Google pour la publicité, sous la forme d'un placement – appelé « écran de choix » – affiché aux consommateurs européens lorsqu'ils achètent un nouveau smartphone basé sur Android. Cela signifie que seuls quelques choix alternatifs sont proposés aux consommateurs, non pas sur la base de leurs mérites et d'un processus équitable, mais uniquement sur leur volonté de payer le plus à Google.

« Cela signifie également qu'au lieu d'investir leur marge bénéficiaire dans le développement de nouveaux services de recherche ou d'améliorer ceux qui existent, les concurrents de Google doivent en donner l'essentiel à Google pour son propre développement et ses propres avantages. Cette proposition d'écran de choix est donc inacceptable et Qwant, avec d'autres moteurs de recherche (DuckDuckGo, Ecosia, Lilo, Seznam), attend de Google des solutions plus convaincantes avec des effets positifs réels et forts pour les consommateurs et l'industrie de la recherche ».


Qwant termine 2019 dans le rouge, avec un résultat net de -23 millions d'€

La situation du moteur de recherche français n'est pas des plus reluisante. Ses comptes sociaux indiquent qu’il a affiché un résultat net de -23 millions d’euros en 2019, soient des pertes de 70 % par rapport à l’année antérieure. Cela est arrivé alors que le chiffre d’affaires de Qwant en 2019 est de 5,8 millions d’euros, soit une hausse de 27,5 % par rapport à 2018, qui était de 4,6 millions d’euros. En outre, 90 % du chiffre d’affaires en 2019 provient de Microsoft.

Ces deux dernières années, le moteur de recherche français, qui a émis le rêve de détrôner Google, nage dans une mer de scandales et de pertes financières. Après avoir enregistré un résultat net de -13,8 millions d’euros en 2018, Qwant creuse encore plus ses pertes en 2019, année au cours de laquelle son résultat net est de -23,5 millions d’euros. Et avec un chiffre d’affaires de 5,8 millions d’euros pour le compte de 2019, il est très loin des 30 millions d'euros prévus au départ.

Il n’a pas non plus pu atteindre les 7 millions d’euros annoncé en novembre lorsque les actionnaires ont exigé une nouvelle équipe managériale pour conduire sa transformation. Avant ça, en 2017, son chiffre d’affaires n’était que de 3 millions d’euros. Jean-Claude Ghinozzi, qui a pris la place d’Eric Leandri en tant que nouveau président du groupe, n’a pas non plus réussi à tenir son pari sur l’année écoulée. Selon les comptes sociaux de l’entreprise, les pertes subies en 2019 sont majoritairement dues à 8,5 millions d'euros de dépréciations et provisions.

Outre cela, le groupe a subi encore plus de pertes d’exploitation pendant l’année écoulée. En effet, ces pertes ont évolué à 22 % pour atteindre -15,6 millions d’euros. Sur la base de ceci, les analystes craignent pour ce qui va suivre. Par rapport à l’année en cours, l’on estime que Qwant a été négativement impacté par le Covid-19 alors que les autres géants du numérique ont tous su tirer profit de la situation. En raison de la pandémie et du confinement, il a eu recours au chômage partiel dès le mois de mars. Ces observations devraient être le signe annonciateur de nouvelles pertes.

Source : Qwant

Et vous ?

Que pensez-vous de l'initiative de Qwant ?
Que pensez-vous du principe des enchères de Google pour figurer pendant un trimestre parmi les navigateurs proposés par défaut aux mobinautes européens ?
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Le 25/03/2022 à 5:47
L'UE cible les Big Tech avec une nouvelle législation antitrust de grande envergure,
après 16 mois de négociations

L'Union européenne a dévoilé la plus grande initiative législative jamais entreprise pour équilibrer la concurrence dans le monde de la technologie. « La loi sur les marchés numériques (DMA) mettra sur une liste noire certaines pratiques utilisées par les grandes plateformes agissant comme des "gardiens" et permettra à la Commission de mener des enquêtes sur le marché et de sanctionner les comportements non conformes », déclare l'UE.

La nouvelle loi sur les marchés numériques (Digital Markets Act, ou DMA) vise à limiter le pouvoir des plus grandes entreprises technologiques et à permettre aux petites entités de concurrencer les entreprises, essentiellement américaines. Jusqu'à présent, l'Union européenne s'est attaquée aux problèmes d'antitrust au cas par cas, mais la loi sur les marchés numériques vise à introduire des réformes radicales qui permettront de résoudre les problèmes systémiques sur l'ensemble du marché.

L'annonce d'aujourd'hui porte sur l'interopérabilité des applications de messagerie telles que WhatsApp, Facebook Messenger et iMessage. Au cours d'un trilogue de près de huit heures (discussions tripartites entre le Parlement, le Conseil et la Commission), les législateurs européens ont convenu que les plus grands services de messagerie (tels que Whatsapp, Facebook Messenger ou iMessage) devront s'ouvrir et interagir avec les petites plateformes de messagerie, si elles en font la demande.


Les utilisateurs des petites ou grandes plateformes pourront alors échanger des messages, envoyer des fichiers ou passer des appels vidéo à travers les applications de messagerie, ce qui leur donnera plus de choix. En ce qui concerne l'obligation d'interopérabilité pour les réseaux sociaux, les co-législateurs ont convenu que de telles dispositions d'interopérabilité seront évaluées à l'avenir.

Le Parlement a également veillé à ce que la combinaison de données personnelles à des fins de publicité ciblée ne soit autorisée qu'avec le consentement explicite du contrôleur d'accès. Ils ont également réussi à inclure une exigence visant à permettre aux utilisateurs de choisir librement leur navigateur, leurs assistants virtuels ou leurs moteurs de recherche.

Si un contrôleur d'accès ne respecte pas les règles, la Commission peut lui infliger des amendes allant jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires mondial total de l'exercice précédent, et 20 % en cas d'infractions répétées. En cas d'infractions systématiques, la Commission peut leur interdire d'acquérir d'autres entreprises pendant un certain temps.

La législation n'a pas encore été adoptée. L'UE indique que le texte doit être finalisé et vérifié, avant d'être approuvé par le Parlement et le Conseil. La DMA pourrait imposer de nouvelles obligations aux entreprises considérées comme des « gardiens » une catégorie définie par la législation comme des entreprises dont la capitalisation boursière est d'au moins 75 milliards d'euros (82 milliards de dollars), qui comptent au moins 45 000 utilisateurs actifs et qui possèdent une « plateforme » telle qu'une application ou un réseau social. Les entreprises concernées par cette classification comprennent des géants de la technologie bien connus comme Google, Microsoft, Meta, Amazon et Apple, mais aussi des entités plus petites comme Booking.

« Cela dépend donc de vos idées, de votre éthique de travail, de votre capacité à attirer des capitaux, si vous aurez du succès auprès de vos clients ou non », a déclaré Vestager, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la politique numérique et de la concurrence dans un communiqué. « Et malheureusement, en raison de la nature systémique des comportements, ce n'est pas nécessairement le cas aujourd'hui. »

Après les négociations, le rapporteur de la commission du marché intérieur et de la protection des consommateurs du Parlement, Andreas Schwab a déclaré : « L'accord inaugure une nouvelle ère de réglementation des technologies dans le monde entier. La loi sur les marchés numériques met un terme à la domination toujours plus grande des grandes entreprises technologiques.

Désormais, elles devront démontrer qu'elles permettent également une concurrence loyale sur l'internet. Les nouvelles règles contribueront à faire respecter ce principe de base. L'Europe garantit ainsi plus de concurrence, plus d'innovation et plus de choix pour les utilisateurs. Avec la loi sur les marchés numériques (DMA), l'Europe fixe des normes pour le fonctionnement de l'économie numérique de demain. Il incombe maintenant à la Commission européenne de mettre rapidement en œuvre les nouvelles règles.

En tant que Parlement européen, nous avons veillé à ce que la DMA produise immédiatement des résultats tangibles : les consommateurs auront le choix d'utiliser les services de base des grandes entreprises technologiques tels que les navigateurs, les moteurs de recherche ou la messagerie, et ce sans perdre le contrôle de leurs données. Surtout, la loi évite toute forme de surréglementation pour les petites entreprises. Les développeurs d'applications bénéficieront d'opportunités totalement nouvelles, les petites entreprises auront un meilleur accès aux données pertinentes pour leur activité et le marché de la publicité en ligne deviendra plus équitable. »

La DMA rassemble essentiellement un certain nombre de luttes antitrust que l'UE a menées au cours de la dernière décennie, en les regroupant dans un seul acte législatif et en renforçant le pouvoir des législateurs pour faire appliquer ces dispositions. Ainsi, par exemple, on observe que l'accent mis par la DMA sur l'accès aux données est lié aux accusations passées de l'UE selon lesquelles Amazon utilise ses analyses pour obtenir un avantage sur les vendeurs tiers qui utilisent sa plateforme.

Selon le projet de proposition soumis en décembre 2020, si les entreprises enfreignent ces règles, l'UE peut leur infliger des amendes allant jusqu'à 10 % de leur chiffre d'affaires annuel mondial, des astreintes allant jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires journalier moyen et des changements dans le fonctionnement de leur activité ou de leur service, qui peuvent inclure des mesures telles que la cession de certaines parties de l'entreprise.

C'est ce dernier point qui peut inquiéter certaines entreprises technologiques, car les efforts actuels de l'Europe en matière d'antitrust sont souvent critiqués parce qu'ils se limitent à infliger de petites amendes aux géants de la technologie sans les forcer à changer de comportement. Par exemple, Apple a été reconnu coupable d'infraction à la législation antitrust aux Pays-Bas concernant le traitement des tiers sur l'App Store. Plutôt que d'apporter des changements à sa plateforme, Apple a préféré payer des amendes hebdomadaires de 5 millions d'euros (5,5 millions de dollars).

« C'est pourquoi, dans la loi sur les marchés numériques, il y a une boîte à outils complète où les sanctions deviennent de plus en plus sévères », a déclaré Vestager la semaine dernière. « Les amendes vont augmenter si vous ne mettez pas en œuvre des changements. À terme, dans la boîte à outils, il y a aussi l'outil qui permet de réellement démanteler une entreprise si aucun changement ne se produit, ou si vous êtes un récidiviste. »

La loi sur les marchés numériques fait partie d'un double coup de force des régulateurs européens. Dès le mois prochain, l'Union européenne devrait parvenir à un accord sur une loi qui obligerait les sociétés de médias sociaux telles que Meta, propriétaire de Facebook et d'Instagram, à contrôler leurs plateformes de manière plus agressive.

Avec ces actions, l'Europe consolide son leadership en tant que régulateur le plus affirmé des entreprises technologiques telles qu'Apple, Google, Amazon, Meta et Microsoft. Les normes européennes sont souvent adoptées dans le monde entier, et la dernière législation place la barre encore plus haut en faisant entrer les entreprises dans une nouvelle ère de surveillance, à l'instar des secteurs des soins de santé, des transports et des banques.

« Face aux grandes plateformes en ligne qui se comportaient comme si elles étaient "trop grandes pour se soucier", l'Europe a mis le holà », a déclaré Thierry Breton, l'un des principaux responsables du numérique à la Commission européenne. « Nous mettons fin à ce que l'on appelle le Far West qui domine notre espace d'information. Un nouveau cadre qui peut devenir une référence pour les démocraties du monde entier. »

Les mouvements de l'Europe contrastent avec le manque d'activité aux États-Unis

Alors que les républicains et les démocrates ont tenu plusieurs audiences très médiatisées au Congrès pour examiner Meta, Twitter et d'autres ces dernières années, et que les régulateurs américains ont engagé des procédures antitrust contre Google et Meta, aucune nouvelle loi fédérale n'a été adoptée pour lutter contre ce que beaucoup considèrent comme le pouvoir incontrôlé des entreprises technologiques.

Les nouvelles règles européennes pourraient donner un aperçu de ce qui est à venir ailleurs dans le monde. La loi sur la protection de la vie privée en ligne de la région, le règlement général sur la protection des données, qui restreint la collecte et le partage en ligne des données personnelles, a servi de modèle à des pays allant du Japon au Brésil.

Le parcours de la loi sur les marchés numériques s'est heurté à des obstacles. Les décideurs politiques ont dû faire face à ce que les observateurs considèrent comme l'un des efforts de lobbying les plus féroces jamais vus à Bruxelles, les groupes industriels tentant de diluer la nouvelle loi. Ils ont également balayé les préoccupations soulevées par l'administration Biden selon lesquelles les règles ciblaient injustement les entreprises américaines.

Des questions subsistent quant à la manière dont la nouvelle loi fonctionnera dans la pratique. On s'attend à ce que les entreprises cherchent des moyens de diminuer son impact par le biais des tribunaux. Et les régulateurs auront besoin de nouveaux fonds pour financer leurs responsabilités accrues en matière de surveillance, alors que les budgets sont mis à rude épreuve par la pandémie.

« La pression sera intense pour montrer des résultats, et rapidement », a déclaré Thomas Vinje, un avocat antitrust chevronné de Bruxelles qui a représenté Amazon, Microsoft et Spotify. Les groupes de l'industrie technologique ont critiqué la nouvelle loi comme étant biaisée contre les entreprises américaines et ont prédit qu'elle nuirait à l'innovation en Europe.

« Ce projet de loi a été écrit pour cibler les entreprises technologiques américaines, et son impact retombera sur les travailleurs américains », a déclaré Adam Kovacevich, directeur général de la Chambre du progrès, un groupe commercial à Washington. « Les réglementations européennes qui ciblent notre secteur technologique menacent les emplois américains pas seulement dans la Silicon Valley, mais aussi dans des villes comme Pittsburgh ou Birmingham. »

La loi sur les marchés numériques s'appliquera aux plateformes dites « gardiens », qui sont définies par des facteurs incluant une valeur marchande de plus de 75 milliards d'euros, soit environ 83 milliards de dollars. Les détails de la loi se lisent comme une liste de souhaits pour les rivaux des plus grandes entreprises.

Apple et Google, qui fabriquent les systèmes d'exploitation qui équipent la quasi-totalité des smartphones, seraient tenus de relâcher leur emprise. Apple devra autoriser des alternatives à son App Store pour le téléchargement d'applications, un changement qui, selon la société, pourrait nuire à la sécurité. La loi permettra également à des entreprises telles que Spotify et Epic Games d'utiliser des méthodes de paiement autres que celles d'Apple dans l'App Store, qui prélève une commission de 30 %.

Il sera interdit à Amazon d'utiliser les données recueillies auprès de vendeurs extérieurs sur ses services afin de proposer des produits concurrents, une pratique qui fait l'objet d'une enquête antitrust distincte de l'Union européenne.

La loi entraînera des changements majeurs pour les applications de messagerie. WhatsApp qui pourrait être tenu d'offrir aux utilisateurs de services rivaux comme Signal ou Telegram un moyen d'envoyer et de recevoir des messages à une personne utilisant WhatsApp. Ces services rivaux auraient la possibilité de rendre leurs produits interopérables avec WhatsApp. Les plus grands vendeurs de publicité en ligne, Meta et Google, verront de nouvelles limites à l'offre de publicités ciblées sans consentement. De telles publicités basées sur les données collectées auprès des personnes lorsqu'elles se déplacent entre YouTube et Google Search, ou Instagram et Facebook sont immensément lucratives pour les deux entreprises.

« Les grandes plateformes gardiennes ont empêché les entreprises et les consommateurs de profiter des avantages des marchés numériques concurrentiels », a déclaré Margrethe Vestager. Les entreprises, a-t-elle ajouté, devront désormais « se conformer à un ensemble bien défini d'obligations et d'interdictions. »

Anu Bradford, professeur de droit à l'université de Columbia, qui a inventé le terme « effet Bruxelles » à propos de l'influence de la législation de l'UE, a déclaré que les règles européennes devenaient souvent des normes mondiales parce qu'il était plus facile pour les entreprises de les appliquer à l'ensemble de leur organisation plutôt qu'à une seule région géographique.

Source : Europa

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Voir aussi :

Antitrust : le Tribunal de l'UE confirme en appel l'amende de 2,4 Mds d'euros infligée à Google par la Commission européenne, pour abus de position dominante sur la recherche en ligne

Antitrust : Bruxelles estime que Google abuse de sa position dominante avec Android, dans la conclusion préliminaire de son enquête

Antitrust : la Commission européenne ouvre une procédure d'examen contre Google, relative à ses pratiques de collecte de données et de publicité

Le tribunal rejette l'amende antitrust de 1,2 milliard de dollars infligée par l'UE à Intel, une décision qui pourrait encourager Google à lutter contre trois lourdes amendes antitrust de l'UE
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Le 01/10/2021 à 10:16
Google déclare à la Cour de justice de l'UE qu'il est de loin la première requête de recherche sur Bing
dans le cadre de l'appel de l'amende de 4,34 milliards d'euros qu'il a écopée en 2018

Google a utilisé un argument inattendu pour expliquer au Tribunal de l'Union européenne à Luxembourg qu'il n'a pas imposé ses applications telles que Search et Chrome aux consommateurs, mais qu'ils se dirigent vers elles de leur propre chef. Le géant de Mountain View a déclaré devant la Cour qu'il dispose de preuves montrant que la requête de recherche la plus courante sur Bing est, de loin, "Google". L'entreprise tente de montrer que la forte utilisation de son moteur de recherche, qui détient 92 % de part de marché sur le plan mondial, est une question d'habitude et de préférence. Bing a une part de marché de seulement 2,48 %.

Google est au milieu de l'une de ses nombreuses batailles avec les régulateurs antitrust de l'UE. Cette fois, il espère annuler l'amende record de 4,34 milliards de dollars que la Commission européenne lui a infligée en 2018. La société a écopé de cette amende pour avoir, selon la Commission, injustement poussé le moteur de recherche Google sur les smartphones alimentés par le système d'exploitation Android. L'argument de l'appel de l'entreprise est que le regroupement de la recherche n'est pas la raison pour laquelle elle domine le marché de la recherche : "la recherche serait tellement bonne avec Google que les utilisateurs sont enivrés".



Cette semaine, l'avocat d'Alphabet - la société mère de Google - Alfonso Lamadrid a déclaré à la Cour : « Les gens utilisent Google parce qu'ils le choisissent, et non parce qu'ils y sont forcés. La part de marché de Google dans la recherche générale est cohérente avec les enquêtes auprès des consommateurs qui montrent que 95 % des utilisateurs préfèrent Google aux moteurs de recherche rivaux ». L'audience se tient depuis le lundi devant la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) à Luxembourg, et devrait prendre fin aujourd'hui. La société espère que la décision de la Commission sera annulée dans son intégralité.

Pour ce faire, elle devrait apporter des arguments plus solides que celle de l'accusation, et Google en a donné quelques-uns auxquels l'on ne s’y attendait pas. Lamadrid ne s'est pas contenté de dire que la domination du moteur de recherche Google est intrinsèquement liée au choix de l'utilisateur, il a également lâché une information insolite sur le deuxième moteur de recherche, Bing de Microsoft. « Nous avons présenté des preuves montrant que la requête de recherche la plus courante sur Bing est, de loin, "Google" », a-t-il déclaré. Il a tenté de montrer que c'est plutôt les concurrents de Google qui essaient d'enfermer les utilisateurs.

En effet, à l'échelle mondiale, StatCounter estime la part de marché du moteur de recherche de Google à 92 %, alors que Bing arrive très loin derrière avec 2,48 %. Bing est le moteur de recherche par défaut de la plupart des produits Microsoft, comme le nouveau navigateur Edge et le système d'exploitation Windows, ce qui fait que beaucoup de gens y aboutissent par la voie de la moindre résistance. Bien qu'il s'agisse du moteur de recherche par défaut, Google affirme que les internautes ne peuvent pas quitter Bing assez rapidement et qu'ils effectuent une recherche de navigation vers "Google" pour s'affranchir de l'écosystème de Microsoft.

L'argument de Google selon lequel les valeurs par défaut n'ont pas d'importance va à l'encontre des autres activités de l'entreprise. En fait, Google verse chaque année plusieurs de milliards de dollars à Apple pour rester le moteur de recherche par défaut sur iOS, ce qui est extrêmement généreux si les recherches par défaut n'ont pas d'importance. Selon les estimations actuelles, les paiements de Google à Apple s'élèvent à 15 milliards de dollars par an. La Commission considère que ces types de contrats entre Google et les fabricants de smartphones lui ont permis de creuser l'écart entre ses concurrents et lui.

En 2018, Margrethe Vestager, alors commissaire européenne à la concurrence, a déclaré que Google avait obligé les fabricants d'Android à préinstaller son application de recherche (Google Search) et son navigateur Web Chrome - et avait payé certains d'entre eux pour que ce soit la seule application préinstallée - ce qui signifie que seulement 1 % des personnes ont téléchargé une autre application de recherche. « Les contrats entre Google et les fabricants de téléphones Android font partie d'une stratégie globale que l'entreprise a commencé à mettre en œuvre en 2011 pour empêcher l'essor de moteurs de recherche rivaux », a-t-elle déclaré.

« La société s'est lancée sur cette voie pour s'assurer que son principal moteur de profits, Google Search, resterait au premier plan », a-t-elle allégué. Bien sûr, Google a toujours nié ces accusations et le PDG Sundar Pichai a déclaré sur son blogue personnel à l'époque qu'Android "a créé plus de choix pour tout le monde, et pas moins". Mais ce n'est pas ainsi que les plaignants voient les choses. « Google a perçu l'avènement du mobile comme une menace pour son monopole de recherche et s'est engagé dans diverses actions anticoncurrentielles pour prendre le contrôle de la recherche mobile, également », a déclaré Thomas Vinje, un avocat de Clifford Chance.

Par ailleurs, cette confrontation entre Google et la Commission à la CJCE intervient quelques semaines avant que le même tribunal ne se prononce sur la première décision de Vestager concernant Google, qui a vu la société condamnée à une amende de 2,42 milliards d'euros pour avoir favorisé son propre service de comparaison d'achats par rapport à ses rivaux. En juin de cette année, Vestager a lancé une autre enquête majeure sur les services publicitaires de Google. Si le géant de Mountain View ne parvient pas à faire annuler la décision, le paysage des smartphones pourrait s'en trouver complètement remanié.

En sus, d'autres contestations visant Google aux États-Unis représentent un risque bien plus important pour la société et pourraient conduire à son démantèlement en plusieurs petites entreprises. Il faut noter que les plaintes de l'UE contre le géant de la recherche ont été les premières d'une cascade d'enquêtes de concurrence sur les grandes entreprises technologiques dans le monde. L'année dernière, Google a fait l'objet de trois nouvelles enquêtes aux États-Unis. Parmi elles, une action en justice intentée par le ministère de la Justice à Washington est largement similaire à l'affaire Android de l'UE.

Pour finir, Apple s'intéresse également de près aux procédures judiciaires relatives à Android puisque les amendes et les injonctions auxquelles le fabricant de l'iPhone pourrait être confronté pour son propre système d'exploitation iOS et son App Store dépendent de la manière dont l'UE a découpé les marchés dans l'affaire Google. La Commission a constaté que Google contrôlait plus de 95 % du marché des "systèmes d'exploitation mobiles intelligents disponibles sous licence". Mais cette définition du marché exclut Apple, car iOS ne peut faire l'objet d'une licence.

Ainsi, Apple pourrait être considéré comme un monopoleur à part entière sur son propre marché. Cela s'explique en partie par le fait que les utilisateurs ne passent pas facilement d'un écosystème Apple à un écosystème Google. Si l'affaire Android porte essentiellement sur le comportement passé de Google, elle pourrait également avoir une incidence sur les développements futurs.

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Google fait appel de l'amende de 4,34 milliards d'euros infligée par la Commission européenne, arguant qu'il n'a pas contraint les consommateurs à utiliser Search et Chrome

4,3 milliards d'euros ! C'est l'amende infligée à Google par la Commission européenne pour abus de position dominante avec Android

Google Shopping : les rivaux accusent Google de continuer ses pratiques illégales et demandent à la Commission d'exiger un nouveau remède

USA : l'enquête visant à déterminer si Google abuse de sa position dominante dans le secteur de la publicité pourrait s'élargir et englober la recherche et Android
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Avatar de Stan Adkens
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 12/11/2020 à 17:18
Un groupe de 165 critiques de Google appelle à une action antitrust rapide de l'UE contre la société
Sur le marché de la recherche Web

Il a moins d’un mois que le ministère américain de la Justice envisageait l’option du démantèlement de Google qu’il accuse de protéger illégalement son monopole sur le marché de la recherche à coups de milliards de dollars. Maintenant, un groupe de 165 entreprises et organismes industriels ont demandé aux autorités antitrust de l'Union européenne d'adopter une ligne plus dure à l'égard de Google, affirmant que le géant technologique américain favorise injustement ses propres services dans ses recherches sur le Web, selon une lettre vue par Reuters.

Selon Reuters, le groupe est composé des entreprises américaines et britanniques ainsi que des homologues de 21 pays de l'UE. Le groupe a envoyé jeudi une lettre commune à Margrethe Vestager, commissaire européenne chargée de la concurrence, indiquant que Google offrait ses propres services, notamment en matière d'hébergement, de voyages et d'emploi, et accordait des préférences dans ses résultats de recherche. Ces entreprises demandent une action prompte de l’UE pour mettre fin à cette pratique.


Vestager a infligé des amendes totalisant 8,25 milliards d'euros (9,7 milliards de dollars) à Google au cours des trois dernières années pour avoir abusé de son pouvoir de marché afin de favoriser son service de comparaison des prix, son système d'exploitation mobile Android et son activité publicitaire. Mais le géant de l’Internet ne se sent pas concerné par les dernières affirmations selon lesquelles il favoriserait injustement ses propres services. Google affirme que ses utilisateurs ne sont pas enfermés et que la concurrence à ses services n'est qu'à un clic sur Internet.

Le groupe de 165 organismes et entreprises – qui affirme être le plus important à avoir jamais écrit de concert aux responsables de la concurrence de l'UE pour les inciter à agir – comprend 135 entreprises offrant des services en ligne et 30 associations professionnelles. Parmi les signataires de la lettre conjointe, vue par Reuters, figuraient les détracteurs de longue date de Google, Yelp, Expedia, Trivago, Kelkoo, Stepstone et Foundem, dont la plainte a déclenché l'enquête de l'UE sur Google.

La Commission européenne a confirmé à Reuters qu'elle avait reçu la lettre et qu'elle y répondrait en temps utile. Elle a ajouté qu'elle surveillait attentivement le marché afin d'évaluer l'efficacité des remèdes proposés pour Google Shopping.

Cette nouvelle arrive alors que des plateformes de moteurs de recherche du monde entier se regroupent pour exiger que les régulateurs de l'Union européenne s'attaquent à la domination de Google sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe demande également à l'Union européenne d'examiner de plus près le processus d'enchères controversé de Google.

DuckDuckGo (États-Unis), Ecosia (Allemagne), Lilo et Qwant (France), et Seznam (République tchèque) ont rédigé une lettre ouverte à la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Margrethe Vestager, lui demandant de jeter un « regard neuf » sur le contrôle de la domination du marché de la recherche par Google. Dans un premier temps, les entreprises appellent à une réunion trilatérale entre elles, la Commission européenne et Google pour examiner la question de la concurrence des moteurs de recherche en Europe et ailleurs.

Plus précisément, les petits rivaux de Google veulent établir un « menu de préférences plus efficace », offrant aux utilisateurs d'Android un moyen plus facile de choisir un moteur de recherche par défaut lors de la première configuration de leur appareil, d’après la lettre ouverte.

« Nous vous écrivons pour demander une réunion trilatérale avec votre bureau, nous-mêmes et Google, dans le but d'établir un menu de préférences efficace. Nos représentants respectifs pourraient travailler à l'avance pour établir un ordre du jour serré pour cette réunion afin de s'assurer qu'elle soit productive et collaborative », lit-on. « Nous soutenons de tout cœur l'ambition de la Commission de remédier aux préjudices causés par la concurrence bien établie de Google. Nous vous demandons de mettre ces intentions en pratique dès maintenant, en utilisant pleinement vos outils existants ».

Après une amende record de 5 milliards de dollars en 2018, Google avait revu son modèle de licence Android en Europe, en choisissant de séparer Google Search et Chrome de son autre suite d'applications et de proposer des licences différentes pour chaque "forfait" - qu'elle facturera. Dans le cadre de ces mesures, Google a introduit un processus d'enchères qui donnerait aux moteurs de recherche rivaux de meilleures chances de devenir le fournisseur par défaut sur les appareils mobiles vendus en Europe.

Google bénéficie des avantages injustifiés en mettant en avant ses propres services dans ses pages de résultats de recherche

Selon Reuters la lettre envoyée jeudi par le groupe indique : « Alors que nous sommes en concurrence entre nous pour la meilleure expérience de consommation, il y a un concurrent commun qui ne livre pas une concurrence loyale : Google ». « Google a obtenu des avantages injustifiés en traitant préférentiellement ses propres services dans ses pages de résultats de recherche générale en affichant diverses formes de résultats de recherche spécialisés groupés (appelés OneBoxes) », ajoute la lettre.


Les OneBoxs présentent des informations et des images dans des boîtes placées en haut des résultats de recherche et sont souvent des moyens pour les entreprises locales d'obtenir plus de visibilité. Par exemple, une recherche d'emploi local peut faire apparaître une case proposant le service de recherche d'emploi de Google, ou les résultats d'une recherche de vol peuvent comporter une case proposant le service de recherche de vols de Google.

« Avec cette utilisation exclusive de OneBoxes, Google maintient artificiellement les utilisateurs dans son propre service et les empêche de visiter des services concurrents plus pertinents », indique la lettre.

L’UE travaille déjà sur la loi sur les marchés numériques - de nouvelles règles technologiques européennes en cours d'élaboration qui empêcheraient les plateformes en ligne dominantes de favoriser leurs propres services -, mais le groupe a déclaré que cela prendrait trop de temps à entrer en vigueur. Ils ont demandé à Vestager d'agir rapidement pour garantir que Google accorde à ses rivaux un traitement égal dans les résultats de recherche.

« Beaucoup d'entre nous n'ont peut-être pas la force et les ressources nécessaires pour attendre qu'une telle réglementation entre réellement en vigueur », ont-ils déclaré.

En effet, selon Reuters, Mme Vestager doit annoncer un projet de loi le 2 décembre, qui nécessitera la contribution des pays de l'UE et du Parlement européen avant de pouvoir devenir une loi dans un processus qui pourrait durer un an ou plus. On ne sait pas très bien non plus comment les nouvelles règles affecteront la présentation des résultats de recherche de Google.

Cette nouvelle suit également de près l'affaire antitrust du ministère américain de la Justice, qui a été officiellement lancée en octobre. Selon les allégations, Google enfreint les lois anti-concurrence en évinçant ses concurrents sur les marchés de la publicité et de la recherche sur Internet.

Un autre géant américain est dans le collimateur l’UE. La Commission européenne a formellement accusé Amazon mardi d'utiliser abusivement les données qu'elle collecte auprès de vendeurs tiers sur sa plateforme de marché, d’après la commissaire européenne Margrethe Vestager. La Commission européenne affirme qu'Amazon utilise « systématiquement » les données non publiques des vendeurs sur le marché pour concurrencer de manière déloyale les vendeurs en France et en Allemagne.

Le "Digital Services Act" européen vise également à limiter la manière dont les géants du numérique utilisent leur pouvoir existant pour favoriser leurs propres services, les règles proposées devant obliger les géants de la technologie à partager leurs données avec leurs rivaux. Google, Facebook, Amazon, Apple et d'autres géants américains de la technologie pourraient se voir interdire de favoriser leurs services ou de forcer les utilisateurs à s'abonner à un ensemble de services en vertu du nouveau projet de loi européenne.

Source : Reuters

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Quels commentaires faites-vous des arguments du groupe de critiques contre Google ?
Que pensez-vous de la réponse de Google ?

Voir aussi :

Le ministère US de la Justice accuse Alphabet (Google) de protéger illégalement son monopole sur le marché de la recherche à coups de milliards de dollars, et n'exclut pas un démantèlement
Amazon accusé de violation des règles antitrust de l'UE concernant les données du marché, une deuxième enquête va déterminer si la société accorde un traitement préférentiel à ses propres offres
L'UE envisage d'obliger les grandes entreprises de la tech à partager des données avec la concurrence, et de leur interdire de pré-installer en exclu leurs propres apps au nom du Digital Service Act
L'UE veut limiter les applications qu'Apple et Google préinstallent sur votre téléphone, ee sorte que vous ayez le choix de les installer vous-mêmes
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Le 19/11/2020 à 21:27
La bataille entre les régulateurs antitrust de l'UE et les grandes entreprises technologiques est difficile,
reconnaissent des auditeurs de la Cour des comptes européenne dans un rapport

Les autorités antitrust de l'UE sont confrontées à une bataille difficile dans leur volonté de rappeler à l'ordre les grandes enseignes technologiques qui abusent de leur position dominante en raison de la difficulté à trouver des solutions à l'étouffement de la concurrence, a expliqué jeudi l'organisme de surveillance budgétaire de l'UE dans le premier audit des régulateurs.

Le rapport de la Cour des comptes européenne intervient alors que les critiques de Google ont exprimé leur frustration face à ce qu'ils considèrent comme une application inefficace d'une série de décisions de l'UE lui ordonnant de cesser de favoriser ses propres services en ligne au détriment de ses concurrents.

Pour mémoire, en réponse à une amende de 5 milliards de dollars qui lui a été infligée par la Commission européenne pour abus de position dominante avec son système d’exploitation pour appareils mobiles Android, Google a prévenu en mars 2019 son intention de demander aux utilisateurs d’Android en Europe quel moteur de recherche ils veulent utiliser par défaut sur leurs mobiles. La société a également présenté aux utilisateurs d’Android une option permettant de télécharger des applications de recherche et de navigateur supplémentaires dans Google Play.

Plus tard, en août 2019, l'entreprise a déclaré dans un communiqué : « L’année prochaine, nous proposerons aux utilisateurs d’Android un nouveau moyen de sélectionner un moteur de recherche pour alimenter un champ de recherche sur leur écran d’accueil et par défaut dans Chrome (si installé). Les fournisseurs de recherche peuvent demander à faire partie du nouvel écran de sélection qui apparaitra lorsque quelqu’un configurera un nouveau smartphone ou tablette Android en Europe ».

À priori, quatre options (incluant le moteur de recherche de Google et trois alternatives déterminées au terme d’une sélection payante) sont proposées dans un ordre aléatoire aux utilisateurs. Les alternatives éligibles doivent participer à des enchères par pays et faire une offre par pays en précisant le montant qu’elles consentent à verser à la firme de Mountain View pendant la période de grâce - de janvier à décembre 2020 pour la première phase et s'étalant sur un trimestre pour les phases suivantes - chaque fois qu’un client utilisera leur moteur de recherche sur Android à la place Google. Le moteur de recherche défini durant cette étape obligatoire avant la poursuite du premier démarrage d’un dispositif tournant sous Android sera utilisé par défaut dans le champ de recherche d’Android et dans Chrome (si l’application est installée).

Google a prévu une offre minimale par pays pour figurer dans la short-liste et expliqué que les trois offres les plus élevées atteignant ou dépassant le seuil d’enchère minimal pour un pays donné apparaitront dans l’écran sélection de ce pays. L’entreprise a assuré qu’en cas d’égalité des voix, elle « attribuera les créneaux horaires de manière aléatoire entre les soumissionnaires liés ». Et si moins de trois fournisseurs de recherche éligibles atteignent ou dépassent le seuil d’enchères, elle « remplira les emplacements restants de manière aléatoire à partir du pool de fournisseurs de recherche éligibles. Le groupe de fournisseurs éligibles comprendra ceux qui ont demandé à participer à l’écran de choix, mais n’ont pas soumis d’offre ».

Mais la concurrence n'est pas d'accord avec ce système d'enchères. Des moteurs de recherche alternatifs (notamment les français Lilo et Qwant, le tchèque Seznam, l'allemand Ecosia et l'américain DuckDuckGo) ont demandé à la Commission européenne une réunion tripartite avec Google dans le but d'établir un menu de préférences efficace.


Évolution du volume des données traitées dans le cadre des enquêtes sur les concentrations ainsi que sur les ententes et les abus de position dominante

Amazon, Apple et Facebook sont également dans le collimateur des autorités

Outre Google, la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, enquête également sur Amazon, Apple et Facebook.

« Bien que la Commission ait pris un certain nombre de décisions dans des affaires portant sur les défis résultant de l'économie numérique, des défis importants restent à résoudre », a déclaré la commissaire. « Par exemple, les pratiques sur les marchés numériques peuvent causer des dommages aux consommateurs. Cependant, il est difficile pour la Commission de trouver des remèdes appropriés pour s'attaquer à un problème de concurrence apparent, car la détermination du préjudice causé aux consommateurs peut être particulièrement complexe. »

La semaine dernière, la Commission européenne a formellement accusé Amazon d'utiliser abusivement les données de marchands tiers sur sa plateforme pour obtenir un avantage concurrentiel pour ses propres produits. La Commission européenne indique qu'Amazon utilise « systématiquement » les données non publiques des vendeurs sur le marché pour concurrencer de manière déloyale les vendeurs en France et en Allemagne. Les autorités antitrust de l'UE ont également ouvert une deuxième enquête sur les pratiques commerciales de la société en matière de commerce électronique.

Ces accusations sont le résultat d'une enquête annoncée l'année dernière, qui a examiné comment Amazon utilise les données de vente pour concurrencer les marchands indépendants de la plateforme.

« L'avis préliminaire de la Commission, exposé dans sa communication des griefs, est que l'utilisation de données non publiques sur les ventes sur le marché permet à Amazon d'éviter les risques normaux de la concurrence au détail et de tirer parti de sa position dominante sur le marché de la fourniture de services de marché en France et en Allemagne - les plus grands marchés d'Amazon dans l'UE », lit-on dans le communiqué de la Commission.

« Nous devons nous assurer que les plateformes à double rôle qui ont un pouvoir de marché, comme Amazon, ne faussent pas la concurrence », a indiqué la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Margrethe Vestager. Amazon aura l'occasion de répondre à ces allégations dans les semaines à venir, a-t-elle déclaré dans un tweet.


La Commission européenne a enquêté sur le double rôle d'Amazon - en tant que marché pour les commerçants et aussi en tant que vendeur concurrent. Elle s'est penchée sur la manière dont l'entreprise collecte des données sur les concurrents qui vendent sur sa plateforme, offrant tout, de l'électronique aux jouets en passant par l'alimentation et les ustensiles de cuisine. Vestager a déclaré que ses fonctionnaires avaient examiné 80 millions de transactions et 100 millions de produits sur la plateforme d'Amazon pour monter le dossier. Elle affirme qu'Amazon utilise ces informations sensibles, qui montrent ce qui s'avère populaire ou non, pour mieux cibler ses propres produits.

« L'utilisation de ces données permet à Amazon de se concentrer sur la vente des produits les plus vendus et elle marginalise les vendeurs tiers et limite leur capacité à se développer », a déclaré la commissaire européenne chargée de la concurrence Vestager lors d'une conférence de presse. La décision de la Commission intervient à un moment où la pandémie de covid-19 a amplifié le rôle d'Amazon dans l'économie mondiale, avec des ventes en ligne qui s'envolent.

D'ailleurs, le PDG d'Amazon France, Frédéric Duval, déclare que le reconfinement de la France a stimulé les ventes : « Les affaires ont augmenté à l'aune de ce confinement. La Fédération française de la vente à distance parle de 40 à 50 % d’augmentation, c’est ce que nous constatons aussi. Cette croissance profite aux entreprises tierces qui vendent sur Amazon et pas à Amazon même », a-t-il déclaré à la radio France Inter.

Une question qui ne concerne pas seulement les entreprises Internet

La Cour des comptes européenne a déclaré que la question ne concerne pas seulement les entreprises Internet, mais également les entreprises impliquées dans l'innovation numérique telles que celles de l'énergie, des télécommunications, des services financiers et des transports : « Bien que la Commission ait pris un certain nombre de décisions pour relever les défis posés par l'économie numérique, d'importants problèmes restent à résoudre. Par exemple, les pratiques suivies sur les marchés numériques peuvent nuire aux consommateurs. Cependant, la Commission peine à trouver des solutions appropriées aux problèmes de concurrence manifestes, étant donné que le préjudice pour le consommateur peut être particulièrement difficile à établir30 . Cela concerne non seulement les entreprises de l'Internet, mais aussi tous les autres secteurs de l'économie qui s'engagent dans la voie de l'innovation numérique, comme ceux de l'énergie, des télécommunications, des services financiers et des transports ».

Elle a déclaré qu'une partie du problème réside dans les règles antitrust de l'UE qui ne permettent aux autorités de contrôle d'agir qu'une fois qu'un acte répréhensible a été commis.

La Commission « doit intensifier la surveillance du marché pour s'adapter à un monde plus global et numérique. Elle doit s’améliorer pour détecter de manière proactive les infractions et sélectionner ses enquêtes de manière plus judicieuse », a déclaré Alex Brenninkmeijer, de la Cour des comptes européenne, responsable du rapport.

Les responsables antitrust de l'UE ont toutefois écarté les arguments selon lesquels ils ne sont pas en mesure de bien faire leur travail dans les affaires numériques.

« Les règles de concurrence de l'UE sont suffisamment flexibles pour faire face aux marchés numériques », a déclaré mercredi le directeur général de la concurrence, Olivier Guersent, lors d'un événement en ligne.

Sources : Cour des comptes européennes
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Le 03/07/2022 à 2:54
Antitrust : Google offre 90 millions de dollars aux petits développeurs d'applications,
pour régler des allégations

Les développeurs du monde entier ont gagné plus de 120 milliards de dollars en utilisant la plateforme de Google, Play Store. Par ailleurs, dans une affaire en justice, Google a accepté de payer 90 millions de dollars pour mettre fin à la bataille juridique avec des développeurs d'applications concernant l'argent qu'ils ont gagné en créant des applications pour les smartphones Android et en incitant les utilisateurs à faire des achats in-app, selon un document déposé auprès du tribunal. L'accord conclu par Google (qui devra être approuvé par le tribunal) fait suite à un fonds similaire de 100 millions de dollars offert par Apple aux développeurs pour des problèmes parallèles liés à son App Store.

« Aujourd'hui, nous avons le plaisir de vous faire part d'une proposition d'accord qui permettra aux développeurs et aux consommateurs de continuer à profiter de Google Play. Google et un groupe de développeurs ont conclu une proposition d'accord qui permet aux deux parties d'aller de l'avant et d'éviter des années de litiges incertains et distrayants », déclare Google dans un billet de blog produit à ce sujet.


L’entreprise basée à Mountain View au États-Unis a proposé de verser 90 millions de dollars à de petits développeurs d'applications pour régler le recours collectif alléguant que les règles de la plateforme Play Store de l'entreprise violaient les lois antitrust fédérales.

Selon Google Play, les développeurs d'applications reçoivent plus de 70 % du revenu de l'application, tandis que les 30 % restants reviennent à Google Play en tant que partenaire de distribution et dans le cadre des frais d'exploitation. La plateforme permet également aux développeurs d'effectuer des ventes sur leur application, à condition d'informer les utilisateurs de la fin des ventes. Les développeurs d'applications peuvent également diffuser une première version de leur application à un certain groupe d'utilisateurs ou même permettre à leurs utilisateurs de précommander les applications avant leur sortie.

Pour les paiements réguliers basés sur l'abonnement, il facture 30 % pour la première année d'abonnement payée par le consommateur, puis les développeurs d'applications peuvent continuer à payer 15 % pour toutes les années suivantes. Ce modèle est similaire au modèle commercial d'un autre magasin d'applications comme celui d'Apple. Les développeurs d'applications versent une certaine somme d'argent à la boutique d'applications afin de lancer leur application et reçoivent le reste de la somme d'argent grâce aux achats des utilisateurs.

La source de revenus du Google Play Store est simple : il s'agit principalement de frais de service versés par les développeurs. Si un développeur souhaite vendre une application sur le Google Play Store, Google lui demande de payer des frais de service. Il peut s'agir d'un service d'abonnement ou de tout autre service que les développeurs souhaitent vendre. Cependant, tout achat in-app n'est pas commissionné par Google.

L’année dernière, la plateforme a divulgué ses revenus pour la première fois en 13 ans. Selon les documents déclassifiés de Google play store, le revenu total de la plateforme s'élève à plus de 11,2 milliards de dollars en 2019. Ce montant comprendrait le prix de l'application (qu'elle facture à hauteur de 30 %), les achats additionnels in-app et les revenus générés via les publicités sur l'application Play Store.

Cette information a été divulguée en raison d'une action en justice antitrust qui a été déposée contre Google Play store par plusieurs districts et États américains, affirmant que Google Play Store exerce un monopole sur la distribution des applications. Sur les 11,2 milliards de dollars de revenus totaux, plus de 8,5 milliards de dollars représentent le bénéfice brut de l'application, tandis que le revenu d'exploitation du Google Play Store est de 7 milliards de dollars.

En fin d’année dernière, Doug Reynolds, directeur adjoint de HD Media, une société holding qui possède plusieurs journaux en Virginie occidentale, a travaillé avec une coalition d'avocats qui a accepté de représenter les journaux désireux d’intenter des procès antitrust contre Google et Facebook, alléguant que les deux entreprises monopolisent le marché de la publicité numérique pour des revenus qui, autrement, iraient aux entreprises presses.

L'action en justice affirmait que Google maintenait des politiques qui forçaient effectivement les développeurs à utiliser son système de facturation qui, pendant de nombreuses années, a appliqué une charge par défaut de 30 % sur toutes les transactions. En juillet 2021, dans une concession aux petits développeurs et en réponse à ce procès, Google a réduit ces frais à 15 % pour le premier million de dollars gagné par une application.

Selon Hagens Berman, le cabinet d'avocats représentant les plaignants dans cette action collective, quelque 48 000 petits développeurs d'applications pourront prétendre à un paiement sur le fonds de 90 millions de dollars. Selon Hagens Berman, certains demandeurs pourraient recevoir jusqu'à 200 000 dollars, le paiement minimum étant de 250 dollars.

« Aujourd'hui, près de 48 000 développeurs d'applications qui travaillent dur reçoivent le juste paiement qu'ils méritent pour le produit de leur travail ; ce dont Google a cherché à profiter », a déclaré Steve Berman, associé directeur de Hages Berman, dans un communiqué de presse. « Avec ce règlement, les développeurs auront plus de place pour se développer et plus d'argent dans leurs poches pour promouvoir leurs durs efforts. »

En plus du fonds de 90 millions de dollars, Google offre un certain nombre de petites concessions aux développeurs. Il crée un nouveau coin « Indie Apps Corner » pour « mettre en valeur les développeurs indépendants et les petites startups qui créent des applications uniques de haute qualité » dans son application Play store, et clarifie le langage dans son accord de distribution aux développeurs afin de préciser que les développeurs peuvent contacter les utilisateurs pour les informer des offres d'abonnement hors application et autres.

Comme dit précédemment, l'accord conclu par Google (qui devra être approuvé par le tribunal) fait suite à un fonds similaire de 100 millions de dollars offert par Apple aux développeurs pour des problèmes parallèles liés à son App Store. Ce procès, qui avait été également acheté par Hagens Berman, comprenait des concessions similaires permettant aux développeurs de contacter les utilisateurs et de les informer des options de paiement de la plate-forme d'Apple.

Bien que les deux règlements soient certainement une victoire pour les petits développeurs, ils ne parviennent pas à modifier substantiellement les politiques qui ont conduit les critiques à accuser Google et Apple de comportement anticoncurrentiel. Cependant, des changements plus importants pourraient bientôt être imposés aux deux entreprises aux États-Unis et dans l'Union européenne par le biais d'une législation en cours d'élaboration.

Google aurait envoyé des courriels aux petites et moyennes entreprises concernant la législation circulant au Congrès américain qui pourrait coûter du temps et de l'argent à ces petites et moyennes entreprises. Dans le but de susciter davantage d'opposition aux différents projets de loi, un porte-parole de Google a déclaré que les travaux du Congrès américain pourraient nuire aux entreprises qui ont utilisé les outils publicitaires de Google pour s'adapter, se rétablir et atteindre de nouveaux clients tout au long de la pandémie.

« Au cours des 18 derniers mois, la pandémie a posé des défis aux entreprises. Beaucoup d'entre vous nous ont expliqué comment les outils numériques ont aidé leur entreprise à s'adapter, à se rétablir et à atteindre de nouveaux clients, malgré ces difficultés. Certains d'entre vous ont également fait part de leurs inquiétudes quant aux réglementations proposées par le Congrès américain qui auraient des conséquences inattendues pour votre entreprise et pourraient perturber bon nombre des outils numériques dont vous vous servez tous les jours. »

En plus du fonds, Google s’engage à maintenir un certain nombre de pratiques existantes et à mettre en place de nouveaux avantages qui aident les développeurs à innover et à communiquer avec leurs utilisateurs :

  • Afin de continuer à offrir aux développeurs un modèle de tarification différenciée, l’entreprise maintiendra le taux de commission de 15 % de Google pour les premiers 1 million de dollars de revenus annuels réalisés sur le Google Play Store pour les développeurs ;
  • Google dit réviser son contrat de distribution pour les développeurs afin d'indiquer clairement que ces derniers peuvent continuer à utiliser les coordonnées obtenues dans l'application pour communiquer avec les utilisateurs en dehors de l'application, notamment en ce qui concerne les offres d'abonnement ou les offres à moindre coût sur une boutique d'applications concurrente ou sur le site Web du développeur ;
  • Dans les nouvelles versions d'Android, Google maintiendra certains changements mis en œuvre dans Android 12 qui permettent aux utilisateurs d'utiliser encore plus facilement d'autres boutiques d'applications sur leurs appareils, tout en veillant à ne pas compromettre les mesures de sécurité mises en place par Android ;
  • Afin de mettre en valeur les développeurs indépendants et les petites startups qui créent des applications uniques de haute qualité, Google lance un "Indie Apps Corner" qui apparaîtra dans l'onglet "Apps" de la page d'accueil américaine de Google Play et mettra en lumière ces développeurs.

Les politiciens américains étudient actuellement un projet de loi, l'Open App Markets Act, qui obligerait Apple et Google à autoriser les utilisateurs à charger des applications en parallèle ou à les installer sans passer par les magasins d'applications. (Dans l'Union européenne, la loi sur les marchés numériques pourrait également rendre le téléchargement latéral obligatoire, si le Parlement européen l'approuve définitivement en 2023.

Source : Google

Et vous ?

Que pensez-vous de cet accord conclu par Google avec les petits développeurs ?

:flexhe: Est-il bénéfique pour Apple et Google de verser des montants pour un arrangement ?

Voir aussi :

Antitrust : plus de 200 journaux désormais impliqués dans des procès contre Google et Facebook, la domination de ces deux Big tech affecte l'industrie de la presse

Google met en garde ses clients contre les projets de loi antitrust, « les règlements proposés par le Congrès américain pourraient perturber les outils dont vous vous servez tous les jours »

Antitrust : Google estime qu'Android n'est pas anticoncurrentiel et offre par ailleurs plus de choix que les OS mobiles d'Apple et Microsoft
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Avatar de nazoreen
Membre averti https://www.developpez.com
Le 01/10/2020 à 13:34
Bonjour,

Beaucoup de site de recherche dont les serveurs se trouvent aux USA... C'est une liste éditée par la Maison Blanche ou Google ?!?

Pour les français, on ne nous propose même plus Qwant
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Avatar de Bruno
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 21/07/2022 à 10:03
La loi européenne sur les marchés numériques, visant Google, Apple et Amazon, est approuvée,
doit-on s’attendre à une concurrence équitable en ligne ?

Le Conseil européen a donné le 18 juillet son approbation finale à de nouvelles règles pour un secteur numérique équitable et concurrentiel par le biais de la loi sur les marchés numériques (Digital Markets Act, ou DMA). La DMA définit de nouvelles règles pour les grandes plateformes en ligne encore appelées Big Tech tels que Google, Apple et Amazon. Si une grande plateforme en ligne est identifiée comme une Big Tech, elle devra se conformer aux règles de la DMA dans les six mois.

Rappelons que le cadre juridique de l'UE pour les services numériques n'avait pas changé depuis l'adoption de la directive sur le commerce électronique en 2000. Entre-temps, les technologies, les modèles commerciaux et les services numériques ont évolué à un rythme sans précédent. Pour suivre ce rythme, la Commission européenne a présenté un paquet de services numériques comprenant la loi sur les services numériques (DSA) et la loi sur les marchés numériques (DMA) en décembre 2020.

Le paquet de services numériques est la réponse de l'UE à la nécessité de réglementer l'espace numérique. Ensemble, la DSA et la DMA définissent un cadre adapté à l'empreinte économique et démocratique des géants du numérique et introduisent des mesures visant à protéger les utilisateurs tout en soutenant l'innovation dans l'économie numérique.


En début d’année, l'Union européenne a dévoilé la plus grande initiative législative jamais entreprise pour équilibrer la concurrence dans le monde de la technologie. « La DMA mettra sur une liste noire certaines pratiques utilisées par les grandes plateformes agissant comme des "gardiens" et permettra à la Commission de mener des enquêtes sur le marché et de sanctionner les comportements non conformes », déclare l'UE.

La DMA garantit des conditions de concurrence équitables dans le secteur numérique, en établissant des droits et des règles clairs pour les grandes plateformes en ligne (les "gardiens") et en veillant à ce qu'aucune d'entre elles n'abuse de sa position. La réglementation du marché numérique au niveau de l'UE créera un environnement numérique équitable et compétitif, permettant aux entreprises et aux consommateurs de profiter des opportunités numériques.

La nouvelle loi sur les marchés numériques vise à limiter le pouvoir des plus grandes entreprises technologiques et à permettre aux petites entités de concurrencer les entreprises, essentiellement américaines. Jusqu'à présent, l'Union européenne s'est attaquée aux problèmes d'antitrust au cas par cas, mais la loi sur les marchés numériques vise à introduire des réformes radicales qui permettront de résoudre les problèmes systémiques sur l'ensemble du marché.

L'annonce porte sur l'interopérabilité des applications de messagerie telles que WhatsApp, Facebook Messenger et iMessage. Au cours d'un trilogue de près de huit heures (discussions tripartites entre le Parlement, le Conseil et la Commission), les législateurs européens ont convenu que les plus grands services de messagerie (tels que Whatsapp, Facebook Messenger ou iMessage) devront s'ouvrir et interagir avec les petites plateformes de messagerie, si elles en font la demande.

« Avec l'adoption définitive de la loi sur les marchés numériques, nous rendrons enfin les grandes plateformes en ligne responsables de leurs actes. L'UE va ainsi modifier l'espace en ligne dans le monde entier. Les Big Tech auxquels s'adresse la DMA sont omniprésents : nous utilisons tous leurs services au quotidien. Toutefois, leur pouvoir s'accroît dans une mesure qui nuit à la concurrence. Grâce à la DMA, nous garantirons une concurrence équitable en ligne, plus de confort pour les consommateurs et de nouvelles opportunités pour les petites entreprises », a déclaré Ivan Bartoš, vice-premier ministre chargé de la numérisation et ministre du développement régional.

Elles doivent désormais :

  • veiller à ce que la désinscription des services de la plateforme de base soit aussi facile que l'inscription ;
  • veiller à ce que les fonctionnalités de base des services de messagerie instantanée soient interopérables, c'est-à-dire permettre aux utilisateurs d'échanger des messages, d'envoyer des messages vocaux ou des fichiers à travers les applications de messagerie ;
  • donner aux utilisateurs professionnels l'accès à leurs données de marketing ou de performance publicitaire sur la plateforme ;
  • informer la Commission européenne de leurs acquisitions et fusions.
Voici, ci-dessous, ce que ne feront plus les GAFAM :

  • classer leurs propres produits ou services plus haut que ceux des autres (auto-référencement) ;
  • préinstaller certaines applications ou certains logiciels, ou empêcher les utilisateurs de désinstaller facilement ces applications ou logiciels ;
  • exiger que les logiciels les plus importants (par exemple, les navigateurs web) soient installés par défaut lors de l'installation d'un système d'exploitation ;
  • empêcher les développeurs d'utiliser des plateformes de paiement tierces pour la vente d'applications ;
  • réutiliser les données privées collectées lors d'un service pour les besoins d'un autre service.
Comme dit précédemment, si une grande plateforme en ligne est identifiée comme une Big Tech, elle devra se conformer aux règles de la DMA dans les six mois. Les utilisateurs des petites ou grandes plateformes pourront alors échanger des messages, envoyer des fichiers ou passer des appels vidéo à travers les applications de messagerie, ce qui leur donnera plus de choix. En ce qui concerne l'obligation d'interopérabilité pour les réseaux sociaux, les co-législateurs ont convenu que de telles dispositions d'interopérabilité seront évaluées à l'avenir.

Le Parlement a également veillé à ce que la combinaison de données personnelles à des fins de publicité ciblée ne soit autorisée qu'avec le consentement explicite du contrôleur d'accès. Ils ont également réussi à inclure une exigence visant à permettre aux utilisateurs de choisir librement leur navigateur, leurs assistants virtuels ou leurs moteurs de recherche.

Si un contrôleur d'accès ne respecte pas les règles, la Commission peut lui infliger des amendes allant jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires mondial total de l'exercice précédent, et 20 % en cas d'infractions répétées. En cas d'infractions systématiques, la Commission peut leur interdire d'acquérir d'autres entreprises pendant un certain temps.

Désormais, elles devront démontrer qu'elles permettent également une concurrence loyale sur l'internet. Les nouvelles règles contribueront à faire respecter ce principe de base. L'Europe garantit ainsi plus de concurrence, plus d'innovation et plus de choix pour les utilisateurs. Avec la loi sur les marchés numériques (DMA), l'Europe fixe des normes pour le fonctionnement de l'économie numérique de demain. Il incombe maintenant à la Commission européenne de mettre rapidement en œuvre les nouvelles règles.

Si un gatekeeper enfreint les règles établies par la DMA, il risque une amende pouvant aller jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires mondial total. En cas de récidive, une amende pouvant aller jusqu'à 20 % de son chiffre d'affaires mondial peut être infligée. Si une Big Tech ne respecte pas systématiquement le DMA, c'est-à-dire s'il enfreint les règles au moins trois fois en huit ans, la Commission européenne peut ouvrir une enquête de marché et, si nécessaire, imposer des remèdes comportementaux ou structurels.

Le 25 novembre 2021, moins d'un an après le début des négociations au Conseil, les États membres ont approuvé à l'unanimité la position du Conseil sur la DMA. Le 24 mars 2022, le Conseil et le Parlement européen sont parvenus à un accord provisoire sur l'AVQ, qui a été approuvé par les représentants des États membres de l'UE le 11 mai 2022. L'accord provisoire sur l'ASM auquel le Conseil et le Parlement européen sont parvenus le 23 avril 2022 et qui a été adopté par le Parlement européen le 5 juillet devrait être adopté par le Conseil en septembre 2022.

Après que le Conseil ait approuvé le 18 juillet la position du Parlement européen, l'acte législatif a été adopté. Après avoir été signé par le président du Parlement européen et le président du Conseil, il sera publié au Journal officiel de l'Union européenne et commencera à s'appliquer six mois plus tard.

Source : annonce de la Commission européenne

Et vous ?

D'une manière générale, qu'en pensez-vous ?

Bientôt un App Store alternatif sur iOS ? Y croyez-vous ou pas vraiment ?

Qu'en est-il du système de paiement tiers qu'Apple a combattu avec férocité pendant des années ?

Bientôt des applications installées par défaut que les utilisateurs pourront désinstaller ?

Quelles sont les mesures qui vous intéressent le plus ?

Voir aussi :

L'UE cible les Big Tech avec une nouvelle législation antitrust de grande envergure, après 16 mois de négociations

L'UE pourrait commencer à appliquer des règles pour réglementer les Big Tech au printemps 2023, le DMA devrait permettre d'agir contre toute violation commise par les "gatekeepers"
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Avatar de agripp
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Le 13/11/2020 à 10:28
Bien dit Acheumeumeu, ces moteurs de recherche qui attaque Google sur le plan juridique et politique feraient mieux de se grouper pour être capable de fournir des résultats de recherche et des services capables de concurrencer ceux de Google... J'écris par expérience : les essayer ce n'est pas forcément les adopter.
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