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Aluminium OS : Pourquoi le lancement d'Android pour PC par Google pourrait être chaotique
Des documents judiciaires révèlent que ChromeOS sera « progressivement supprimé » au cours de la prochaine décennie

Le , par Stéphane le calme

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Derrière les annonces feutrées et les documents judiciaires exhumés au détour d’un procès antitrust, une réalité commence à s’imposer : Google prépare un tournant stratégique majeur pour l’informatique personnelle. Android, longtemps cantonné aux smartphones et tablettes, est appelé à devenir le socle du « PC selon Google », tandis que ChromeOS, pourtant pilier de l’écosystème Chromebook, semble promis à une lente extinction. Sur le papier, la convergence fait sens. Dans les faits, elle pourrait bien s’avérer désordonnée, politiquement explosive et techniquement périlleuse.

En actant la fin programmée de ChromeOS à l’horizon 2034, Google confirme un basculement stratégique majeur : le futur de ses ordinateurs ne s’appellera ni ChromeOS ni Android, mais Aluminium OS. Derrière ce nom encore discret se dessine une refonte profonde de la vision du PC selon Google, entre rationalisation industrielle, ambitions politiques et risques considérables pour un écosystème qui a longtemps reposé sur la promesse de stabilité.


L’idée d’unifier Android et ChromeOS n’est pas nouvelle. Depuis des années, Google entretient une ambiguïté stratégique : deux systèmes, deux visions du PC, deux communautés d’utilisateurs et de développeurs. ChromeOS a séduit le monde de l’éducation et certaines entreprises par sa simplicité, sa sécurité et sa gestion centralisée. Android, lui, règne sans partage sur le mobile, avec un écosystème applicatif massif et une adoption planétaire.

Les informations récemment révélées montrent que Google ne croit plus vraiment à cette dualité sur le long terme. ChromeOS ne disparaîtrait pas brutalement, mais serait progressivement relégué, maintenu pendant une décennie avant d’être absorbé de facto par un Android « desktop-ready ». Une transition longue, prudente en apparence, mais qui masque une rupture profonde.

ChromeOS, une mort lente mais désormais assumée

Pendant plus d’une décennie, ChromeOS a incarné une alternative pragmatique à Windows et macOS. Léger, sécurisé, pensé pour le cloud, il a trouvé son public dans l’éducation, les administrations et les environnements contraints. Mais cette réussite relative n’a jamais suffi à faire de ChromeOS un pilier stratégique au même niveau qu’Android.

Les informations désormais convergentes confirment que Google a tranché. ChromeOS ne sera pas brutalement abandonné, mais placé sous perfusion jusqu’en 2034, date à laquelle son support étendu doit s’éteindre. Une longue transition, presque clinique, qui permet d’éviter un scandale immédiat tout en envoyant un message clair : l’avenir se joue ailleurs.

Ce choix révèle aussi un constat implicite. ChromeOS, malgré ses qualités, n’a jamais réussi à sortir de sa niche. Face à un Windows omniprésent et à un macOS solidement ancré dans les usages professionnels et créatifs, Google a préféré changer de paradigme plutôt que d’insister.


Aluminium OS, un projet de convergence

Selon des documents judiciaires inédits dans l'affaire antitrust concernant Google Search, Aluminium ne sera pas commercialisé avant 2028.

Bien que le directeur Android de Google, Sameer Samat, ait déclaré en septembre dernier que la combinaison d'Android et de Chrome était « quelque chose qui nous enthousiasme beaucoup pour l'année prochaine », c'est-à-dire 2026, les documents suggèrent qu'Aluminium ne sera pas prêt à révolutionner le monde des ordinateurs portables aussi rapidement.

Dans une transcription datant d'août 2025, Samat a déclaré que Google espérait simplement lancer Aluminium en 2026 : « Nous y travaillons d'arrache-pied », a-t-il déclaré. Dans les documents déposés par Google auprès du tribunal, la « voie la plus rapide » pour commercialiser le nouveau système d'exploitation consiste à le proposer à des « testeurs commerciaux de confiance » fin 2026 avant une sortie complète en 2028. Et bien que les Chromebooks dominent actuellement dans les écoles américaines, le document suggère que les « secteurs de l'entreprise et de l'éducation » en particulier bénéficieront d'Aluminium en 2028, et non en 2026.

« Même lorsque le nouveau système d'exploitation qui fait fonctionner les Chromebooks sera disponible, il ne sera pas compatible avec tout le matériel Chromebook existant, ce qui obligera Google à maintenir le ChromeOS existant au moins jusqu'en 2033 afin de respecter son "engagement de support de 10 ans" envers les utilisateurs existants », ont ajouté les avocats de Google.

Au début du mois, le responsable ChromeOS chez Google, John Maletis, a confirmé que ChromeOS ne disparaitrait pas des ordinateurs portables, ajoutant que Google tiendrait sa promesse d'offrir 10 ans de mises à jour automatiques aux appareils ChromeOS. Mais cela signifie que ces appareils pourraient bénéficier de ces mises à jour au lieu d'une mise à niveau vers Aluminium. Maletis a déclaré :

« En ce qui concerne la migration des appareils vers la nouvelle pile, tous les appareils ne pourront pas le faire en raison de leurs spécifications techniques... Mais pour la plupart des appareils plus récents, nous allons travailler à permettre aux clients de migrer. »

Et voici une information qui n'avait pas été rapportée auparavant : Google prévoit de supprimer ChromeOS dès que possible, tout en respectant son obligation de support de 10 ans pour les appareils qui ne bénéficieront pas d'Aluminium. Le « calendrier de suppression progressive de ChromeOS est fixé à 2034 », révèlent des documents judiciaires, ajoutant que Google ne peut pas le faire plus tôt car « les juridictions ont des règles différentes concernant la durée pendant laquelle un appareil doit être pris en charge ».


L’interface d’Aluminium OS fuite

Si l'on en croit une vidéo qui a fuité récemment, les premières descriptions de son interface laissent entrevoir un système modulaire, visuellement proche d’un bureau classique, mais reposant sur des briques techniques largement héritées du monde Linux et d’Android. L’objectif n’est pas de reproduire ChromeOS à l’identique, mais de créer un socle suffisamment flexible pour servir de base à l’Android “desktop” que Google prépare depuis plusieurs années.

Cette approche permet à Google de résoudre un problème structurel : maintenir plusieurs systèmes concurrents en interne, avec des équipes, des feuilles de route et des priorités parfois contradictoires. Aluminium OS devient alors une plateforme de convergence, conçue pour absorber progressivement Android sur PC tout en conservant certaines forces historiques de ChromeOS.


La concrétisation d’une fusion longtemps théorique

Avec Aluminium OS, Google ne se contente plus d’entretenir l’ambiguïté entre ChromeOS et Android : l’entreprise acte enfin, de manière explicite, la fusion de deux mondes qu’elle a longtemps maintenus artificiellement séparés. Selon les informations disponibles, Aluminium OS n’est ni un simple rebranding, ni une mise à jour incrémentale de ChromeOS, mais bien une nouvelle base technique destinée à accueillir nativement les briques essentielles d’Android tout en conservant certains acquis structurants de ChromeOS.

Concrètement, Google cherche à résoudre un problème interne devenu ingérable : faire coexister deux systèmes concurrents, reposant sur des philosophies différentes, tout en promettant aux développeurs et aux utilisateurs une expérience cohérente sur tous les formats d’appareils. Aluminium OS apparaît ainsi comme une couche unificatrice, capable de faire tourner des applications Android de manière native, tout en continuant à supporter les usages desktop, les applications Linux et les contraintes de sécurité héritées de ChromeOS.

Ce qui change fondamentalement avec Aluminium OS, c’est la hiérarchie implicite entre les plateformes. Là où ChromeOS faisait jusqu’ici figure de système principal pour les Chromebooks, Android devient désormais la référence fonctionnelle. L’OS mobile n’est plus un invité toléré via des conteneurs ou des couches de compatibilité : il devient le cœur de l’expérience logicielle, autour duquel s’organisent les usages PC. ChromeOS, lui, voit son rôle se réduire progressivement à une source d’inspiration technique plutôt qu’à un produit autonome destiné à durer.

Cette fusion répond également à une logique de rationalisation industrielle. En unifiant les fondations, Google simplifie la maintenance, réduit la dispersion des équipes et aligne plus...
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